David Cammaerts
Peut-on vivre nos rêves d’enfants ?
« On m’a dit qu’ici les arbres ne perdent jamais leurs feuilles, et je peux le croire car je les ai vu aussi vert et beaux en janvier que dans nos forêts d’Espagne en mai… ».
Cette petite phrase que Christophe Colomb écrivit dans son journal quelques semaines après son arrivée au Indes Occidentales sera pour moi, à l’adolescence, l’étincelle d’un désir qui ne s’éteindra plus, celui de découvrir de nouveau pays, de nouvelles terres d’aventures…
Désormais, le jardin familial sera toujours trop petit, trop connu…Porté par mon intérêt pour la nature et l’histoire, je termine des études de biologie en caressant l’idée de découvrir ce qui se cache de l’autre coté de l’océan. Un premier pas hors de notre bonne vieille Europe me portera en Tunisie, où je découvre dans la chaleur du sahel que la coexistence entre l’homme et la nature, loin d’être impossible, est au contraire nécessaire et souhaitable. Fort ce cette motivation, je part rechercher de nouveau défis en Bolivie, ou la lutte des éleveurs contre les chauves-souris dans les savanes du nord grignote inexorablement la forêt…Hélas, la Belgique ne croira pas à ce projet, et je repartirai finalement en Bolivie, pour y apprendre un métier: pisciculteur ! Bien vite, cependant, le virus de la curiosité reprend le dessus et je recommence à m’intéresser aux alternatives permettant de sauver la nature tout en aidant l’homme vers son développement…car bien plus réel que le clivage entre pays dits « développés » et pays « en voie de développement », c’est surtout la fracture entre la société humaine et la nature qui doit être réparée…C’est donc au pays du grand condor que je commencerai à m’intéresser à l’eau, à sa gestion et à sa préservation, comme outil pour le développement des communauté.
Le SVCD me permet de continuer dans cette voie, dans le cadre du Programme eau de la CTB en République Démocratique du Congo, qui tente de mettre en œuvre des réseaux d’adduction d’eau qui seront gérés de manière autonome par les communautés. En tant que responsable pour la qualité de l’eau et la gestion intégrée des ressources en eau, je me forme et j’apprends dans un contexte très différent de celui de mes expériences passées, et j’essaie d’apporter, à mon niveau, un petit quelque chose au projet. Cette expérience me servira, j’espère, de tremplin pour l’avenir et de levier pour me permettre de relever de nouveaux défis.
A moi maintenant à démontrer mes capacités et à me construire une vie à la hauteur de mes rêves d’enfants…Après tout, Nietzche l’avais bien compris quand il disait « le monde prend l’homme tel qu’il se donne ! ».
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