A peine plus d’un mois avant le départ et après presque deux ans passés au Burundi, déjà nostalgique, « All good things come to an end » en tête, il est temps pour moi de me prêter à l’exercice, difficile et périlleux du flash back !
Commençons par le commencement (c’est toujours mieux) : pourquoi la CTB ?
Après 5 ans de droit, 1 année de spécialisation en droits de l’homme, trois mois de stage en Inde… il était temps de rentrer dans la vie active ! Très vite j’étais inscrite…. au barreau. Sans surprise, un peu par défaut, un peu sous la pression aussi, mais, avec le recul… pas vraiment finalement.
Malgré un boulot passionnant, dans un bon cabinet et avec un patron excellent… j’étouffe, j’ai l’impression de passer à côté. Oui parce que si j’avais commencé le droit, c’était pour changer le monde… Certes c’est naïf mais les idéaux c’est souvent ce qui fait la différence non ?
Prise de conscience en décembre 2009, c’est décidé, je ne m’installe pas trop confortablement dans mon quotidien et je décide de poser ma candidature au Programme Junior.
Un examen écrit, un test de personnalité, une mise en situation et un entretien individuel plus tard, la décision tombe : je suis sélectionnée. Ok, maintenant c’est sérieux.
Que faire ? Partir ? Non, c’est trop tôt, je décide de laisser passer un matching et de postuler en septembre… Ho et puis non, je me lance ! Je vois ce poste au Burundi et je le veux. Quelques semaines plus tard, Daphnée au téléphone : tu es prise ! On m’attend le plus vite possible, le plus vite possible pour moi ce sera le 1er septembre 2010.
Et deux ans sont passés…
Deux années riches en moments forts, en rencontres inoubliables, en fou rire … en coups de gueules aussi. Des projets ont été inaugurés tandis que d’autres se clôturaient. Deux programmes sectoriels ont été mis sur les rails et roulent désormais au rythme des DAO, CSC et autres procédures.
J’ai beaucoup appris : des procédures internes de la CTB aux législations locales, des règles spécifiques de la cogestion aux différentes modalités d’aide …
De manière indirecte, je me suis nourrie des nombreux débats qui ont court à la CTB, notamment au cours de discussions informelles entre collègues: l’alignement, l’harmonisation de l’aide, la concentration sectorielle, l’éthique, etc. J’ai acquis des notions essentielles et qui constitue un solide bagage pour l’avenir : la vision programmatique, la gestion axée sur les résultats, la pensée systémique,…
Surtout j’ai pu suivre, tantôt de loin, tantôt de plus près, la gestion quotidienne des projets de la CTB au Burundi. Ces contacts quotidiens avec les projets ont été sans conteste le point fort de mon poste. J’ai aussi eu l’honneur, grâce à l’appui du Représentant Résident, de suivre les litiges intentés par ou contre la CTB devant les cours et tribunaux burundais, expérience qui m’a beaucoup marqué.
D’un point de vue complètement anecdotique, j’ai enrichi mon vocabulaire et, entre autres banalités, je sais maintenant ce qu’est de la latérite, ce que sont des gabions et des rejets de baïonnettes. Je sais aussi qu’on peut extraire du jus des feuilles d’œilletons…. Je ne sais pas trop dans quel contexte je pourrai un jour le ressortir, mais je trouve que ca claque.
Et si c’était à refaire ? Je le referai sans hésiter.
Partir en tant qu’Assistant Junior ce n’est pas seulement acquérir une expérience professionnelle essentielle sur le CV… j’ai rencontré des gens qui m’ont changé, j’ai grandi, évolué. Pendant presque deux ans, je me suis complètement épanouie au Burundi. Cette expérience m’a sans aucun doute rendu plus forte et combattive.
J’ai trouvé une famille parmi mes collègues, mes colocataires, juniors et aussi les nombreuses personnes que j’ai eu l’honneur de rencontrer ici. Spéciale dédicaces aux BBB qui resteront sans aucune comparaison possible mon coup de cœur.
Ensemble on a voyagé, gravi des volcans, refait le monde à coups de « zilliken », dansé jusqu’au bout de la nuit, chanté à tue tête et rit haut et fort… ou peut-être devrais-je dire « fort et clair » ? (private joke sorry).
J’ai le cœur gros à l’idée de quitter ce pays qui m’a accueilli et cette famille que j’avais, peu à peu, réussi à constituer.
Cela dit, en deux ans beaucoup de choses ont changé aussi chez moi : j’ai une nièce qu’il me tarde de serrer dans les bras, plusieurs opportunités professionnelles à saisir et beaucoup de gens à retrouver.
Alors est ce que je suis triste de partir ? Oui. Mais j’ai hâte de commencer une nouvelle page !
« I need to get back to the place I belong. I’m coming home (…)” (P. Diddy, éternelle source d’inspiration)