Si vous ne le saviez pas encore, Obama est Africain, Malien, Bamakois…C’est mon frère. Au Mali, comme aux quatre coins de la planète, le 20 janvier a été une journée historique. L’unique différence, c’est que de ce côté-ci de la Terre, c’était le jour où l’enfant du pays était devenu président des Etats-Unis…
Bien sûr, Obama n’est pas Malien et encore moins Bamakois « mais quelle différence cela fait-il ? Il est d’Afrique ! » me répond-on, « c’est un frère » Vu d’ici, l’investiture de Barack Obama
a été un moment de fierté tellement fort, partagé par toutes les couches de la population, qu’on allait réussir à croire qu’il était bel et bien Malien… Appropriation abusive ? Pas vraiment ; même si, avec une pression nationale si forte, et une attente internationale démesurée Obama rencontrera certainement beaucoup de difficultés dans son mandat et risque de décevoir une partie de la population. Mais ce n’est pas ce qui nous importe ici. Plus que sa personne, la symbolique de son nouveau poste a représenté un espoir pour des millions d’humains. Un espoir qui se lisait dans les yeux de ces femmes et dans les sourires de ces hommes Maliens. Eux, tellement éloignés des préoccupations quotidiennes des Américains, étaient pour lui, avec lui, à des milliers de kilomètres, sans réellement attendre quelque chose de lui…
« On est ensemble »
Trois mots. Ce que j’ai trouvé extraordinaire, c’est que ni ses réelles origines, ni sa nationalité n’ont d’importance. J’ai assisté à une représentation forte de ce à quoi peut ressembler l’unité africaine… à l’échelle malienne. Peut-être, est-ce un pas de plus vers les Etats-Unis d’Afrique ? (…) En tout cas, tant pour le gratin politique que pour la société civile, il ne fallait pas manquer l’occasion de participer à une soirée « Obamako. » Pourquoi ? Après tout, ce métisse américano-kenyan n’est pas plus noir que blanc. Mais il n’est certainement déjà plus un étranger. C’est assez représentatif de la société malienne. On n’est pas très longtemps étranger au Mali. Dans les premiers jours, vous serez déjà rebaptisé d’un nom et d’un prénom maliens, qui détermineront votre appartenance ethnique, certes, mais qui vous intègrera directement dans la société. C’est un jeu social partagé par tous.
C’est ce que je voulais d’abord partager avec vous. Ce vrai sentiment d’appartenance et de non exclusion de l’autre, typique au Mali. Le Mali, ce pays où, hormis les conflits territoriaux au Nord, la douzaine d’ethnies vit ensemble sans difficulté, sans oppressions. J’ai trouvé un pays bien plus développé que beaucoup de nos pays occidentaux. Développé humainement, socialement, intellectuellement; où la couleur de la peau, l’appartenance communautaire ou religieuse n’entravent pas les relations humaines. « On est ensemble », vous l’entendrez à chaque coin de rue, dans les maquis, les marchés, les bureaux. On aurait beaucoup à apprendre de cette capacité d’intégration de l’autre.