|
|
Les MIP sur la sellette?? |
Les conclusions « à chaud » de la mission d’évaluation de l’outil MIP sont claires et finalement peu surprenantes. L’outil peut être pertinent mais sous certaines conditions : renforcement de suivi et consolidation de capacitation des organisations bénéficiaires.
Une évaluation globale stratégique de l’outil MIP de la CTB a démarré au mois de septembre 2010. Cette évaluation a pour but d’évaluer le programme dans son entièreté comme outil de coopération (pertinence, efficacité, efficience et valeur ajoutée pour la coopération belge). Le rapport final permettra d’appuyer les réflexions sur l’avenir du programme : stagnation, adaptation ou suppression.
M. Ivo Hooghe, attaché au Service de l’Evaluation spéciale (SES) du Service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, et M. Idrissa Sall, consultant local, ont été chargés de l’évaluation de l’outil ici au Sénégal. Durant leur mission, des apiculteurs aux transformatrices en passant par les artistes de Pikine Est Culture, ils ont pu visiter 17 micro-interventions pour constater l’état d’avancement -ou non- des bénéficiaires aujourd’hui. Je pense personnellement que c’est une mission très enrichissante et qui devrait presque être faite de manière systématique.
M. Hooghe, M. Sall et Mme Samba écoutent attentivement les bénéficiaire du MIP Pikine Est Culture parler de leurs productions réalisées à l’aide du matériel financé par la CTB.
Les conclusions faites « à chaud » en fin de mission sont mitigées. La pertinence de l’outil est reconnue, mais elle pourrait l’être plus encore. Les dangers sont nombreux, parmi ceux-ci :
- Pour certains MIP, l’on dispose d’une solution pour laquelle nous recherchons un besoin, une démarche inverse à celle prônée par le secteur. Par exemple, nous connaissons l’utilité des moulins à mil et nous recherchons des organisations bénéficiaires qui voudraient bien en recevoir.
- Le temps des visites de suivi par projet est trop réduit pour qu’elles soient efficaces. Une mission de 3 jours avec 5 visites par jour ne permet pas d’évaluer réellement le fonctionnement potentiel ou effectif d’un projet.
- Les objectifs sont formulés en termes de réalisations mais pas en termes d’impact sur la vie des bénéficiaires. Par exemple, les objectifs du projet de moulin à mil sont l’acquisition de deux machines et non sur l’apport financier que cela engendrera pour les bénéficiaires ni sur l’amélioration de leur qualité de vie.
En conclusion, selon les évaluateurs, le Programme de Micro-Interventions pourrait permettre de répondre aux attentes des organisations de base, mais sous certaines conditions. Les besoins de formations de ces organisations doivent être mieux pris en compte Et ce, pour que les personnes soient en mesure de profiter au maximum des apports du projet. Cela demande un plus grand investissement financier et une implication logistique (qui a besoin de quelle formation). Il faudrait également investir beaucoup plus dans l’accompagnement pour l’identification et l’évaluation des MIP. Les couts de gestion devraient être de 10 à 15% du budget global pour assurer un meilleur fonctionnement et une pérennité plus grande de ces micro-interventions.
Mais n’oublions pas que les MIP c’est aussi cela:
Copyright Dieter Tielemans: n°1,2, 3 et 5













