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Electrification rurale au Rwanda. Un projet pilote à découvrir, celui du « Kiosque énergie ». |
Me voila arrivée au Rwanda, et plutôt bien accueillie au sein du projet EPRER (Electrification des Populations Rurales par les Energies Renouvelables) dont je crois déjà pouvoir dire quelques mots. Vous les trouverez ci-dessous. Il faut savoir que le projet du “Kiosque Energie” dont il est question est essentiellement le fruit du travail de Charles Pépinster qui me précède ici comme assistant junior dans le projet EPRER. L’une de mes tâches sera d’en assurer le suivi après son départ…
Bonne lecture! Et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires!
Un Kiosque énergie, qu’est-ce que c’est?
C’est un petit bureau de proximité, auprès duquel la population peut s’approvisionner en énergie. Moyennant une caution et le paiement d’un « crédit de recharge », les habitants des villages proches (cela correspond en fait à la colline) peuvent emporter chez eux une batterie chargée. A cette batterie sont reliés deux câbles qui se terminent par des lampes « Light Emmiting Diod » (LED) pour l’éclairage. Ils peuvent aussi y brancher une radio et un chargeur de GSM. Eclairage, GSM et radio, voila les premiers besoins en électricité des populations concernées.
Quel intérêt pour l’environnement ?
Le Kiosque énergie est alimenté lui-même en électricité par des panneaux solaires photovoltaïques, ce qui le rend « durable ». Mais étant donné le cout d’installation élevé de ces panneaux, tout le défi réside dans le calcul de rentabilité du projet… qui se veut auto-financé. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui, mais en bonne voie (voir plus bas)…
Par ailleurs, cet apport d’énergie permet d’éviter l’utilisation d’autres sources d’énergie dites « de débrouille » davantage polluantes telles que le kérozène, les piles dont l’élimination est toujours incertaine, les générateurs qui nécessitent du carburant… et permet de limiter les déplacements pour se fournir en énergie.
Pourquoi un Kiosque énergie?
Essentiellement parce qu’aujourd’hui, seulement 9,5 % des ménages ont accès à l’électricité. D’une part le réseau électrique national est encore très limité, d’autre part, là où il est présent, s’y raccorder coûte encore vraiment trop cher pour la plupart des citoyens.
Le projet d’Electrification des Populations Rurales via les Energies Renouvelables (EPRER) de la Coopération Technique Belge (CTB) vise à renforcer le Ministère de l’infrastructure Rwandais dans son effort d’extension du réseau d’électricité du pays. Ainsi, des travaux de construction de microcentrales hydroélectriques sont en cours à certains endroits (Nord-Ouest du pays), des lignes hautes et basses tension sont en train de voir le jour à d’autres (Centre du pays), tous les centres de santé, s’ils ne sont pas raccordés au réseau, vont se voir équipés de panneaux solaires photovoltaïques, une cartographie du potentiel éolien est à l’étude,… Le ministère est aussi en train de réhabiliter les centrales existantes (qui ne sont plus toujours très efficaces), ceci afin de limiter les pertes, d’augmenter la capacité de production actuelle et de viser à réduire le prix de l’électricité. Autant de projets d’envergure, pour lesquels il faudra encore un peu patienter avant d’en voir les effets.
En attendant, une initiative telle que le « Kiosque énergie » permet de répondre à des besoins actuels, et c’est là tout son intérêt. Si l’attrait pour ce projet pilote se confirme, alors d’autres kiosques énergie pourraient voir le jour assez vite, qui tiendront compte des leçons tirées du premier. Aujourd’hui, trois nouveaux lieux d’installation sont visés, dans lesquels des études socio-économiques doivent au préalable être réalisées.
Un chouette partenariat anglo-belgo-rwandais
A l’initiative du projet, un groupe d’étudiants très motivés de l’« Imperial Collège of London ». Ceux-ci ont lancé l’idée et sont rentrés en contact avec le projet EPRER. Au sein du projet EPRER, c’est Charles Pepinster, assistant junior, qui a saisi l’intérêt du projet et s’est lancé dans le partenariat. Enfin, dans un double souci d’appropriation et de transfert de compétences, des étudiants du Kigali Institute of Technology (KIST) ont été intégrés au projet. Ce sont les étudiants rwandais qui se chargent du suivi sur le terrain, en connexion avec les étudiants de Londres. Ensemble, ils travaillent sur la rentabilité du projet. L’équipe des assistants juniors de la CTB, désormais renforcée par Klara Claessens et par moi-même, continuent le partenariat. Nous comptons entamer prochainement les études sociologiques des trois nouveaux sites potentiels.
Un projet à suivre donc…


