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Et si on essayait en contre-saison (Off-Seasons Crops)? |
La culture de contre-saison : une alternative utile et efficace, une innovation au Sénégal. Etude d’un projet de recherche-action dans le Sine Saloum.
« Les semences…elles doivent être de qualité, homogènes, accessibles, financièrement et pratiquement. Et surtout il faut les avoir à disposition au bon moment. » L’année dernière, les stocks furent disponibles mais de manière tardive, et point de vue qualité, les semences gardées par le voisin n’étaient pas excellente…
Y a-t-il une solution à ces problèmes d’accès aux semences ? Voici la question que se sont posés les producteurs de l’Union des Groupements Associés Niombato (UGAN).
Le sésame de contre-saison
C’est en ce début de mois de mars que les producteurs et productrices de l’UGAN se sont mis au travail cette année. Voilà un démarrage agricole bien précoce pour la région qui s’explique par la nouveauté du projet qui les occupe. Cinq parcelles au passé maraîcher ont été désignées pour recevoir les cultures expérimentales de contre saison. Il ne s’agit pas seulement d’en faire l’expérience mais bien d’obtenir au terme des trois mois de campagne une production suffisante pour constituer un stock de semences de qualité. Après certification (toute une collaboration entre producteurs, Direction des Semences et Instituts de recherche), elles pourront être d’une part utilisées par l’union avec une garantie de qualité et d’autre part, vendues à des producteurs non-membres de l’union.
Mais s’il s’agit d’une innovation si intéressante (qualité des semences, augmentation des revenus, autonomisation des producteurs dans la gestion des semences) pourquoi ne pas la pratiquer plus souvent ?
Les cultures de contre-saison demandent un travail au champ à une période généralement creuse pour les producteurs, ou du moins une période où les activités agricoles sont réduites : s’ils ne sont plus dans la transformation et la vente des produits agricoles de la campagne passée, ils sont pris par d’autres activités économiques. Le travail de contre-saison implique une modification des habitudes, ce qui est souvent le plus complexe à établir.
L’autre principal obstacle de la contre saison, dans le cas de l’Afrique de l’ouest du moins, est le besoin en irrigation des parcelles et la main d’œuvre à mobiliser pour le faire. En effet aussi appelée « culture de saison sèche », les pratiques de contre-saison demandent non seulement une discipline d’arrosage mais aussi la « simple » disponibilité de cette ressource : nombre de petites parcelles agricoles ne sont pas équipées en puits, et quand elles le sont, l’exhaure de l’eau se fait généralement manuellement, ce qui représente un frein important pour les superficies pouvant être emblavées et entretenues.
Malgré cela, cinq groupements de l’UGAN accompagnés d’animateurs formés aux pratiques de sésame de contre saison se sont lancés dans l’expérience avec le soutien de VECO qui opère aussi un suivi régulier de l’avancée de l’expérience ; le tout devant être capitalisé afin de pouvoir partager l’ensemble des apprentissages accumulés : les succès, les difficultés et les résultats.
Encore quelques semaines avant la récolte et l’évaluation définitive mais certaines parcelles donnent déjà de très bons résultats. En fin d’expérience, il s’agira d’évaluer avec les producteurs, les intérêts financier et semencier que représenterait l’adoption de ces cycles de contre-saison et d’améliorer d’année en année l’expertise et les productions de chacun.
En attendant, c’est à chaque fois des plus enthousiasmant de voir l’implication, les bonnes volontés, le courage et la mobilisation des femmes rurales…véritables actrices du développement de leur région.












