
Sur la route du Fouta...
Cap sur Ndioum où se trouve la Coopérative Rurale des Agropasteurs pour le Développement (CORAD) qui est membre de notre réseau de coopératives (le RESOPP).
A mesure que nous dépassons la ville de Saint-Louis et ses quartiers inondés, puis Richard Toll et ses plantations de cannes à sucre, le paysage se fait plus aride et je sens la chaleur monter, monter…
Ndioum est une petite ville qui se trouve tout au nord du Sénégal, à  quelques kilomètre de la Mauritanie, dans une région appelée le Fouta-Toro.
C’est la région des Peuls, dont certains sont appelés Pulaar (langue parlée) ou Toucouleurs, peut-être à cause des multiples tons sur lesquels se décline la couleur de leur peau, ce qui a pu laisser penser à l’ancien colonisateur que ce peuple métissé regroupait toutes les couleurs de l’Afrique.
Mais si une chose ne varie pas, c’est la beauté incontestable des femmes Peuls qui, parées de bijoux et de magnifiques tenues,  déambulent dans les rues de Ndioum.
Ndioum  a aussi la singularité d’avoir d’un côté de la route –il  n’y qu’une route goudronnée –le fleuve Sénégal, qui nourrit les périmètres maraîchers et permet la culture du riz, on appelle cette zone fertile le « Walo ». Le « Diery » se trouve de l’autre côté de la route. Ce sont des kilomètres de prairies semi-désertiques où les vaches, moutons et chameaux sont seuls maîtres.

On les rencontre par centaines, en allant à Namarel, une antenne de la CORAD qui se trouve à une soixantaine de kilomètres de Ndioum, à l’intérieur des terres.
Traverser toutes ces plaines ressemble à un rallye, tant la route est accidentée. Heureusement qu’il ne pleut presque plus et que Falou, notre super chauffeur a une maîtrise parfaite du véhicule.
A notre retour de Namarel, les villageois nous offre gracieusement de ce lait de vache fraîchement trait. Nous en garderont un peu pour faire du bon lait caillé dont raffolent tous les Sénégalais.
Outre l’antenne de Namarel, la Coopérative de Ndioum dispose de cinq autres antennes où les 8500 agriculteurs et éleveurs membres du réseau peuvent venir se ravitailler en engrais, semences et produits vétérinaires mais peuvent également prendre un crédit pour financer leur activité agricole.

semences de riz de la CORAD
L’accès au crédit est essentiel dans des zones très reculées ou peu d’institution de microfinance sont présentes. Seule notre équipe de la COOPEC (chargée du volet microfinance au sein de notre réseau de coopérative) ose s’aventurer, en charrette, dans zones marécageuses du Walo pour aller à la rencontre de ces paysans et leur offrir de quoi financer les rizières.
Après la récolte, ils pourront venir revendre leurs sacs de riz auprès de la coopérative plutôt que de brader leurs grains à des marchands ambulants peu scrupuleux.
Notre mission est terminée, nous rentrons sur Thiès. Après six heures de route, je retrouve enfin la fraîcheur et la quiétude de ma ville.
Mais une partie de moi est restée à Ndioum, à Macina-Toro comme l’appelle Baaba Maal, le chanteur-conteur originaire de la région. Je vous laisse l’écouter: Baaba maal – Macina Toro