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Archive for Sarah Moser

Jamais trop tard pour parler des juniors au Forum Social Mondial-Dakar 2011

Il y a deux semaines (oui l’article n’est plus de première fraicheur mais quand même!), se tenait le 11e Forum Social Mondial ici à Dakar.  Après l’ambiance euphorique et revendicatrice de la marche d’ouverture du dimanche, s’est installé un climat d’entre deux. Et malgré une organisation chaotique, la bonne humeur et le soleil ont régné toute la semaine sur l’université Cheikh Anta Diop.
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Forum Social Mondial – Dakar 2011

 Avant de parler du Forum, je tiens à faire une petite dédicace et surtout dire un tout grand merci à Lees verder / En savoir plus »

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RESOPP et coopératives rurales au Sénégal

Lorsque je « débarque » au siège du RESOPP au début du mois de juillet, il me semble que seule la chaleur  faisait l’objet de toutes mes attentions. Le soleil se reflétait si bien sur les murs blancs du nouveau Centre de Formation que sa visite marqua définitivement la rétine de mes yeux et les souvenirs de mon premier jour de travail en tant que Junior Assistant de la CTB.

Depuis lors, Mamadou Fall, le Conseiller en Elevage de la CAT m’a appris qu’il suffisait de sourire pour faire tomber la pluie et rafraîchir l’atmosphère pour quelques heures…

Le RESOPP est le Réseau des Organisations Paysannes et Pastorales du Sénégal qui regroupe six coopératives, soit 20 000 membres  répartis dans différentes zones du pays.

Le siège du RESOPP est situé dans la ville Thiès à deux heures de route de Dakar.

C’est également là que se trouve la Cellule d’Appui  Technique du RESOPP (CAT, dont je fais partie !) qui encadre et coordonne  l’ensemble des activités des coopératives affiliées au réseau.

Le RESOPP dispose en outre d’une véritable institution de Microfinance (la Coopérative d’Epargne et de Crédit – COOPEC) et d’un Centre de Formation dans le domaine agro-pastoral.

Et parce qu’un  « BTC Junior Assistant » ne se trouve jamais quelque part par hasard, le RESOPP est  appuyée par des partenaires belges  (yeah !)  à travers l’ONG ADG (Aide au Développement Gembloux) qui agit dans le cadre du renforcement des capacités, et par le Ministère de la Coopération au Développement, pour la mise en place de zones de culture maraîchère.

Coopérative de Mbour - Antenne de Tene Toubab/image RESOPP

Coopérative de Mbour - Antenne de Tene Toubab

Une  coopérative rurale est à la base une association d’éleveurs et d’agriculteurs qui se réunissent pour  vendre, acheter ou financer l’achat de produits agricoles à des prix plus avantageux que ceux proposés par les marchands habituels (les « Bana-Bana »).

A mesure que le nombre de membres augmente, il devient nécessaire de structurer ces échanges tant pour des questions de gestion  et de bonne gouvernance que pour faire des économies d’échelle : par exemple, acheter les semences et engrais en gros pour obtenir des réductions.

Vannage de mil après la récolte/image RESOPP

Vannage de mil destiné à la vente

C’est ainsi que naît LA coopérative, sorte d’entreprise où les « patrons » sont en même temps les « clients » et à qui reviennent les bénéfices des activités.

magasin de céréales

magasin de céréales

Bien sûr, les magasins de la coopérative sont ouverts à tous, mais le prix de vente des produits peut parfois être plus élevé pour les non-membres que pour les « coopérateurs ».

A côté des activités de microfinance et de commercialisation des produits, la coopérative offre plusieurs services à ses membres : formations à l’élevage et aux techniques agricoles, actions sociales, dynamiques féminines, etc.

Par ailleurs, la coopérative dispose d’antennes afin de rendre ces services accessibles pour les membres des villages reculés. Réunies en réseau, les coopératives peuvent interpeller les instances politiques pour qu’elles améliorent les conditions de vie des paysans.

En ce sens, les coopératives constituent un réel levier de développement des zones rurales du Sénégal.

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Macina Toro…

sur la route du Fouta

Sur la route du Fouta...

Cap sur Ndioum où se trouve la Coopérative Rurale des Agropasteurs pour le Développement (CORAD) qui est membre de notre réseau de coopératives (le RESOPP).

A mesure que nous dépassons la ville de Saint-Louis et ses quartiers inondés, puis Richard Toll et ses plantations de cannes à sucre, le paysage se fait plus aride et je sens la chaleur monter, monter…

Ndioum est une petite ville qui se trouve tout au nord du Sénégal, à  quelques kilomètre de la Mauritanie, dans une région appelée le Fouta-Toro.

C’est la région des Peuls, dont certains sont appelés Pulaar (langue parlée) ou Toucouleurs, peut-être à cause des multiples tons sur lesquels se décline la couleur de leur peau, ce qui a pu laisser penser à l’ancien colonisateur que ce peuple métissé regroupait toutes les couleurs de l’Afrique.

Mais si une chose ne varie pas, c’est la beauté incontestable des femmes Peuls qui, parées de bijoux et de magnifiques tenues,  déambulent dans les rues de Ndioum.

Ndioum  a aussi la singularité d’avoir d’un côté de la route –il  n’y qu’une route goudronnée –le fleuve Sénégal, qui nourrit les périmètres maraîchers et permet la culture du riz, on appelle cette zone fertile le « Walo ». Le « Diery » se trouve de l’autre côté de la route. Ce sont des kilomètres de prairies semi-désertiques où les vaches, moutons et chameaux sont seuls maîtres.

troupeau de vaches dans le Diery

On les rencontre par centaines, en allant à Namarel, une antenne de la CORAD qui se trouve à une soixantaine de kilomètres de Ndioum, à l’intérieur des terres.

Traverser toutes ces plaines ressemble à un rallye, tant  la route est accidentée. Heureusement qu’il ne pleut presque plus et que Falou, notre super chauffeur a une maîtrise parfaite du véhicule.

A notre retour de Namarel, les villageois nous offre gracieusement de ce lait de vache fraîchement trait. Nous en garderont un peu pour faire du bon lait caillé dont raffolent tous les Sénégalais.

Outre l’antenne de Namarel, la Coopérative de Ndioum dispose de cinq autres antennes où les 8500 agriculteurs et éleveurs membres du réseau peuvent venir se ravitailler en engrais, semences et produits vétérinaires mais peuvent également prendre un crédit pour financer leur activité agricole.

semences de riz de la CORAD

semences de riz de la CORAD

L’accès au crédit est essentiel dans des zones très reculées ou peu d’institution de microfinance sont présentes. Seule notre équipe de la COOPEC (chargée du volet microfinance au sein de notre réseau de coopérative) ose s’aventurer,  en charrette, dans zones marécageuses du Walo pour aller à la rencontre de ces paysans et leur offrir de quoi financer les rizières.

Après la récolte, ils pourront venir revendre leurs sacs de riz auprès de la coopérative plutôt que de brader leurs grains à des marchands ambulants peu scrupuleux.

Notre mission est terminée, nous rentrons sur Thiès. Après six heures de route, je retrouve enfin la fraîcheur  et la quiétude de ma ville.

Mais une partie de moi est restée à Ndioum, à Macina-Toro comme l’appelle Baaba Maal, le chanteur-conteur  originaire de la région. Je vous laisse l’écouter: Baaba maal – Macina Toro

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