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Archive for Caroline Delcroix

Le sac de plastique.

Je ne sais pas vous, dans vos pays respectifs, mais ici au Pérou, quand on croise quelqu’un qui a non seulement l’air mais aussi la conscience de se préoccuper de l’environnement, ça surprend agréablement.
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Entre sourires et résignation

Village caché presque honteusement derrière les collines asséchées de Lima, Manchay abrite jusqu’à 120.000 personnes ce qui, pour une Belge, ne s’appelle même plus un village puisque ces habitants y sont plus nombreux que dans ma « ville » natale, Mons.

 

Pour me rendre à Manchay, où s’inaugure un atelier productif de couture destiné aux femmes qui souhaitent sortir de leur foyers et apprendre une activité qui peut leur être utile et leur donner une nouvelle source de revenus, j’ai la chance de pouvoir compter sur une des coordinatrices du microprojet, Marlene. Sans elle, je serais toujours en train de chercher mon chemin car personne ne sait exactement où se trouve Manchay. Malgré sa récente célébrité (le village a accueilli le tournage de « La Teta Asustada », film péruvien nominé aux Oscars), et malgré sa proximité avec la capitale, tout le monde semble ignorer qu’à moins d’une heure du centre de Lima et à une demi-heure du quartier chic de la ville, vivent des milliers de personnes qui n’ont toujours pas accès à l’eau courante. Cela fait 40 ans que le gouvernement promet de changer les choses et de faire avancer les travaux mais la population elle-même s’est résignée. Pour 50 litres d’eau en bassine, une famille paie 8 soles (2 euros), qu’ils consomment généralement en une semaine. Avec cette eau, ils se laveront, feront la cuisine, la vaisselle, nettoieront leur maison, entretiendront leurs animaux de compagnie. Quand on sait qu’un consommateur belge moyen utilise (gaspille ?) 120 litres d’eau par jour, il y a de quoi frémir en imaginant les conditions d’hygiène de ces habitants oubliés.

 

A toute autre échelle, j’ai pu expérimenter moi-même ce que le manque d’hygiène peut avoir comme conséquence : j’ai récemment passé trois semaines dans la jungle amazonienne, dont une semaine chez l’habitant, complètement isolée de tout et en étant obligée de suivre les mêmes règles que les locaux. Au bout de quelques jours, se sentir constamment sale, ne pas savoir comment avoir les mains propres, ne pas savoir comment accéder à l’eau potable, devoir s’alimenter, aller aux toilettes « naturellement » et être tout simplement couverte de poussière et de transpiration du matin au soir sans l’option d’une bonne douche, cela rend fou.

C’est seulement avec cette expérience que j’ai pu comprendre à quel point l’hygiène quotidienne est importante et à quel point l’eau est précieuse. On l’entend de plus en plus chaque jour ; néanmoins, je suis convaincue que l’on ne comprend jamais aussi bien un concept que quand on le vit.

 

Une fois défini ce contexte de manque d’hygiène constant et permanent qui règne à Manchay, on ne peut tirer que deux conclusions.

Premièrement, les microprojets qui sont entrepris (et réalisés avec succès) dans ces zones oubliées et dans les conditions décrites ci-dessus, que ce soit à quelques minutes de Lima ou à quelques dizaines d’heures, ont énormément de mérite. Ils sont menés à bien par des personnes que seule la motivation peut faire avancer. Hier, j’ai rencontré des femmes non-éduquées, ou presque, qui se battent contre leur quotidien morose et celui qui attend leurs enfants avec toute leur détermination et qui sont infiniment reconnaissantes de pouvoir avoir accès ne fut-ce qu’à des cours de couture, trois fois par semaine, pendant deux heures. On peut remettre en question l’impact réel des microprojets à long terme sur le développement d’une communauté entière mais l’impact et la valeur qu’ils ont sur les vies de ceux qui les façonnent et y participent est, pour l’avoir vécu hier, inoubliable. Leurs regards m’auront marqué pour longtemps.

 

Deuxièmement, si au XXIe siècle, après 40 ans d’attente pour ne citer que cet exemple et avec une population totalement résignée, la question du changement en tant que tel et de la volonté (et surtout la bonne volonté) politique est aussi flagrante que le nez au milieu du visage. Honnêtement, est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Est-ce que l’on continue de se battre ? A quoi pensent ces politiques ? Ce genre de réalités nous réveille bien trop brutalement et nous permet de nous remettre en question, nous, notre travail et notre mode de vie.

 

Je pourrais continuer à écrire des dizaines de lignes encore sur la frustration du changement politique attendu en vain et pourtant élémentaire pour un changement global, viable et démocratique, sur les remises en question de notre lutte quotidienne pour un monde plus juste ou sur les petits bonheurs de voir quelques sourires éclairer notre journée pour avoir permis à une dizaine de femmes d’apprendre à coudre.  Cependant, aujourd’hui est un bon jour et je veux me dire que tant que ces sourires existeront, les frustrations et les doutes finiront toujours pas s’évanouir et on finira toujours par reprendre le chemin de notre Représentation de la CTB, de notre projet, de notre programme ou de notre siège central à Bruxelles. Non ?

 

 

 

 

 

 

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Savoir-faire et faire savoir

Un ami me disait un jour où je me plaignais de ne rien « construire » concrètement en faisant de la communication, de ne rien faire de mes mains, qu’il y a ceux qui savent FAIRE et d’autres qui font SAVOIR. Passons sur le fait que je me plaignais sans doute sans raison, que je devais être fatiguée des ceviches tout frais de la ville de Lima, de la cumbia ou du Pisco Sour, la réflexion en elle-même m’a semblée tellement claire et tellement évidente.

Le talent, le travail, les résultats, les bonnes pratiques, les progrès : rien de tout cela n’a de sens si cela reste un acte isolé et passé sous silence. La goutte d’eau ne devient un océan que parce qu’un million de milliards de gouttes se sont rassemblées et font le même chemin. Et comment elles ont su, les gouttes, qu’elles devaient toutes suivre la première goutte pour devenir un océan ?

Eh bien, la communication, ca sert à ça : à faire des océans ! Et ce n’est que petit à petit que l’on se rend compte de l’utilité et de l’importance de communiquer, des répercussions positives que cela peut avoir sur un projet et sa durabilité. A la CTB, c’est pas toujours facile d’en convaincre les gens mais le Pérou est un pays fier, qui aime se montrer et ça lui fait un point en commun avec la communication. Un atout.

 

Cela fait maintenant un an que je me charge de la communication et de la visibilité de la CTB Pérou à la Représentation de Lima et à l’heure de faire le bilan de mes activités, j’ai l’impression que le compte n’y est pas, qu’il y avait un million de choses à faire et qu’en fait la liste est très longue. Mais ce n’est pas pour rien que je reste une deuxième année, avec plus de cordes à mon arc : je connais maintenant le pays, les codes qui y règnent, je connais mes tâches. Encore mieux, de nouveaux assistants juniors en communication ont rejoint la CTB Pérou et cela donne une dynamique incroyable, des échanges de conseils, des idées et des points de vue contrastés.

 

Grâce aux quelques photos qui suivent, vous pouvez avoir un aperçu de quelques actions de communication réalisées ici en 2009 et j’espère pouvoir bientôt poster de nouveaux articles sur les actions à venir.

 

 

 

 

Célébration des 10 ans de la CTB et de l’arrivée de la nouvelle image institutionnelle.

 

 

 

Lors de l’exposition de photos organisée par l’Agence Péruvienne de Coopération Internationale.

 

 

 

 

Organisation d’un stand pour une foire universitaire soulignant les actions environnementales du pays.

 

 

 

 

Conférence de presse pour le lancement du projet de Formations de leaders indigènes en gouvernabilité et politiques interculturelles.

 

 

 

Brochure retrospective des 10 ans de la Coopération Belge au Pérou.

 

 

 

 

T-shirts de promotion du Sanctuaire Tabaconas-Namballe, où un de nos projets se trouve.

 

 

 

 

Lors de la septième commission mixte … attentifs!

 

 

 

 

La newsletter de la CTB-Pérou, le CHASKI.

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Septième Commision Mixte Pérou-Belgique

La Commission Mixte est un mécanisme de coordination pluriannuel à grande échelle afin de programmer les actions de l’Aide Internationale Non Remboursable. Elle permet de définir la contribution apportée par l’agence de coopération (dans ce cas-ci, la Belgique) au Pérou. L’acte qui en ressort est le résultat d’un processus de préparation conjoint réalisé par le Gouvernement Péruvien et le Gouvernement Belge, principalement à travers de l’Agence Péruvienne de Coopération Internationale (APCI) et du Service de Coopération de l’Ambassade de Belgique à Lima.
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¡Felices Fiestas Patrias, Perú!

Le mois de juillet au Pérou est plutôt festif, surtout en l’honneur de ses FIESTAS PATRIAS, la fête nationale péruvienne. Pour l’occasion, la newsletter de la CTB Pérou, EL Chaski, a publié un petit pot-pourri des événements. A lire ci-dessous:

Si nuestros países se distinguen en muchas ocasiones, cada uno a su manera, conllevando sus valores, sus costumbres, su historia, su arte y su orgullo, afirman al mundo que la globalización no domina las vidas de sus 6 000 millones de habitantes sino sólo su economía mundial y todavía no obstaculiza la diversidad de los pueblos de nuestro planeta. Un ejemplo de esta diversidad es la fiesta nacional de los países y, en este caso, de Perú y Bélgica. Las fiestas nacionales serán un ejemplo entre un millón de otros pero en esta temporada, el tema cae por su propio peso. En julio, estas celebraciones invaden las calles de todos los continentes, todas únicas.
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Réunion Régionale Bolivie-Equateur-Pérou

Ce séminaire, qui a eu lieu à Lima du 25 au 28 mai, a été longuement attendu car c’etait l’opportunité pour le staff CTB de Bolivie, Equateur et Pérou de se rencontrer et d’échanger leurs idées sur les projets de developpement rural et d’agriculture dans la région andine.

Le seminaire reposait essentiellement sur les expériences dans le domaine du suivi de la production agricole (les approches, outils, innovations et inclusion sociale) et les liens que ce secteur a avec le développement économique social. L’événement a rassemblé une cinquantaine de participants, venus des trois pays partenaires d’Amérique Latine. S’y ajoutait du staff de la CTB venu de Bruxelles et des membres des institutions partenaires (ministère de l’agriculture, de la production) ainsi que les trois attachés de coopération au developpement et des producteurs.
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Avril – Un de bon sur mille.

Mieux vaut ne pas se fier aux dictons météorologiques boîteux et préférer la météo CTB-Pérou, plutôt bonne en ce mois d’avril…

Le mois d’avril sera un mois de visibilité intense ou ne sera pas ! Impossible de blâmer le renouveau et la fraicheur du printemps dans cette histoire, c’est l’automne qui pointe son nez. Non, non, si brusquement les couleurs CTB se retrouvent partout dans la ville, si les logos font leur apparition de plus en plus fréquemment et si les cartes de visite s’échangent beaucoup plus facilement que la monnaie locale, c’est qu’avril est un mois très communication-friendly, pardis!

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El estilo peruano

Récemment arrivée au Pérou, je prends mes marques: à la représentation, en tant qu’assistante en communication, tout comme dans la vie de tous les jours. Et le rythme n’est pas aussi décontracté que le veut la rumeur, lorsqu’elle s’attaque aux pays du Sud: du boulot, il y en a et l’assimilation de toutes ces abréviations, sigles, et autres termes jargonnesques relatifs à la coopération doit se faire rapidement parce que ma première mission commence à peine une semaine après mon arrivée.

Destination: Ayacucho.

Si Lima m’avait refusé tout choc culturel – comment la blâmer, les nationalités et influences internationales en ont fait un mégapole interculturelle – Ayacucho m’offre la possibilité de me dépayser et, surtout, de tomber dans tous les pièges de la petite européenne fraîchement débarquée: mal d’altitude, douleurs d’estomac, troubles intestinaux et malaises mais aussi, ô surprise, accueil chaleureux, ambiance typique, rencontres instructives, échanges, paysages à couper le souffle et cuisine délicieuse. Je comprends à présent qu’il est impossible de parler du Pérou de manière globale: en deux semaines, j’ai rencontré deux Pérou différents, qui sait combien d’autres encore je vais rencontrer dans les mois qui viennent ?

Évidemment, tous ces « détails » ne sont que la valeur ajoutée du voyage, l’objectif principal se trouve ailleurs: puisque je me charge de communication, je dois me familiariser avec ce sur quoi je communique, pardi ! Je suis donc partie pour Ayacucho avec l’idée de connaître deux des projets CTB: le PILVFS et le CS (aaah, ces sigles).

Le PILVFS, si je traduis, ça donne: programme intégral de lutte contre la violence familiale et sexuelle. C’est un programme qui travaille dans toute la région d’Ayacucho, sensibilisant, accueillant, dirigeant et conseillant les victimes de violences familiales et sexuelles. Dans le petit village de Fajarco, comme dans les alentours, la violence familiale atteint parfois 70% de la population, ce qui donne tout son sens à l’existence d’un tel projet. Armés d’un 4×4 et après quelques bonnes heures de route, le coordinateur régional, sa collègue et moi sommes arrivés à Fajarco pour le lancement de la phase deux du PILVFS. Lancement ? Oui, lancement ! Ou plutôt, réunion avec les autorités locales, rassemblement des personnes concernées et intéressées, discours, échanges. Car le dynamisme et l’implication de tous sont indispensables pour que le projet fonctionne. Ça aura été une journée haute en couleur et de découverte d’une façon de faire différente, d’un estilo peruano. Les codes sont différents, les règles et les usages aussi: de la notion du temps à la politesse, en passant par le respect des traditions. Une pratique en particulier l’illustre très bien: la « yapita ». Dans les petits établissements, non encore affectés (ou infectés, au choix) par la mondialisation et la domination du profit sur toute autre valeur, la « yapita » est un concept unique: le client commande un jus de fruits, par exemple (à recommander, les jus de fruits frais d’Ayacucho sont exceptionnels), et reçoit, pour le même prix, le contenu du verre et un peu plus, beaucoup plus, jusqu’à deux verres de plus. Es la yapita: on en a fait un peu plus alors, vas-y, boit. Incroyable et totalement impensable pour quelqu’un qui aurait suivi des cours de gestion d’entreprise mais tellement authentique. Je crois que la « yapita » à elle seule pourrait me faire sourire toute la journée.

Quant aux CS, les centres de services, il s’agit d’une cellule d’aide à la production: la CTB contribue au développement de petits producteurs ou artisans (potiers, tisseurs, producteurs de produits laitiers,…) en essayant d’organiser la chaîne de production de la toute première étape à la toute dernière: la commercialisation ! Par ailleurs, les centres de services bénéficient depuis deux ans de la présence d’un assistant junior qui se consacre à la communication et au marketing ; il a donc réalisé pendant deux ans un travail assez proche de celui que je commence à découvrir et cela a été plus que productif de pouvoir constater ses résultats, profiter de son expérience avant que notre chère patrie le rappelle à elle et, évidemment, faire l’impasse sur la propriété intellectuelle et lui chiper ses idées ! Dont il ne manque pas, d’ailleurs: entre la labélisation de produits laitiers, la production de publications et l’organisation de foires et événements, et j’en passe sans doute, on peut dire qu’il n’a pas chômé.

Après trois jours d’accompagnement intensifs, la tête bien remplie de tout ce que j’ai vu, entendu, ressenti, je n’ai plus qu’une seule envie: commencer le travail ! Ánimo!

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