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Archive for Anne-Michèle Paridaens

J’avais 11 ans en 1994

Le rwanda et son histoire. Quand on part pour le Rwanda, il est presque inévitable de se « renseigner » sur son passé encore proche. Sur cette tragédie qui se déroula il y a maintenant 16 ans.

Lorsqu’on débarque, toutes les informations lues avant le départ résonnent, cognent, se confondent encore dans la tête. On se pose beaucoup de questions. On ne sait pas comment il faudra réagir lorsque le sujet sera abordé.
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Rwanda: An Emerging African Tiger

Cela fait déjà un bon moment que je suis arrivée au Rwanda. Le pays des mille collines mais aussi des mille contrastes…

Ce matin est le jour officiel de l’annonce de la victoire écrasante du Président Paul Kagame aux élections présidentielles. Rien d’étonnant. A mon arrivée au bureau, la réceptionniste du Ministère de l’Agriculture m’interpelle et insiste pour me remettre un magazine qu’elle distribue aux collègues. Il s’agit d’un document de 145 pages intitulé : Rwanda, An Emerging African Tiger. « A seven year government performance review », avec pour couverture la photo du Président réélu.

Ce document aux nombreuses photos illustrant les différents secteurs de développement du pays (infrastructures routières et immobilières, hôpitaux, ICT, industrie du thé et du café, l’éducation, le genre, la justice, culture, tourisme…) me laisse pensive. Est-ce que ce document correspond à l’image que je me fais du Rwanda ?

Il est vrai que je décris souvent le Rwanda comme un pays qui se développe bien et où règnent l’ordre, l’organisation et l’envie des gens de faire avancer le pays. C’est vrai qu’ici, il ne me semble pas avoir vu de sous-nutrition (de mal-nutrition certainement) comme j’ai pu l’observer auparavant dans les pays sahéliens. C’est vrai qu’ici, il y a des routes goudronnées en bon état, sur lesquelles roulent des bus corrects qui respectent les horaires et dans lesquels chaque passager à sa place, et cette circulation est régulée par des policiers pour qui le mot « bakchich » n’existe pas. C’est vrai qu’ici on peut manger des plats locaux bons et variés: viande, fruits, légumes, lait, bière,…C’est vrai qu’ici, il n’y a pas que des très riches plutôt blancs et des très pauvres plutôt noirs, mais une population répartie en plusieurs classes sociales…C’est vrai qu’ici…

Bref, le Rwanda bouge, avance, se développe et veut s’imposer comme un modèle pour la sous région- An African Tiger. Le gouvernement s’est doté de programmes de lutte contre la pauvreté dont le fameux « Vision 2020 Umurenge Program » qui a donné leur nom à de nombreux bars, restos, boutiques, guest-houses. Pour être dans le coup, il faut donc être « Vision 2020 »…

Un des principaux objectifs du gouvernement rwandais est d’améliorer le système d’éducation « pour combattre l’ignorance et former des ressources humaines utiles pour le développement économique du pays ». Le gouvernement s’est promis d’atteindre the “Universal Primary Education » et de s’assurer que chaque enfant rwandais accomplisse ses 9 années d’éducation de base (6 primaires-3 secondaires). Le rapport mentionne un taux de scolarisation oscillant entre 80 et 90%, un taux d’enrôlement scolaire dépassant les 125% et une place dans une école pour chaque enfant rwandais voulant être scolarisé. Et pour accélérer la formation de la population et le développement économique du pays, le gouvernement met l’accent sur l’apprentissage de l’informatique avec des programmes tels que « One laptop per child » et le développement de l’ICT à travers tout le pays. D’ici 2020, tout le pays sera également couvert par le réseau de fibres optiques à haute capacité afin d’assurer le développement du secteur tertiaire et d’attirer d’avantage les investisseurs étrangers…

Le développement des secteurs secondaires et tertiaires est sans doute une des raisons de l’accroissement économique d’un pays mais il ne faut pas pour autant négliger les secteurs dits primaires. Le Rwanda reste un pays avant tout agricole où 95% de la surface agricole est exploitée. Le gouvernement tente de réformer le secteur en passant d’une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale à travers des plans de consolidation des terres et d’intensification des productions agricoles et animales, le subside des producteurs pour l’achat de semences de qualité et de fertilisant mais aussi pour la construction d’infrastructures de stockage et d’agro-processing. Le thé et le café restent les principales cultures de rente du Rwanda. Leur production est passée de 334 tonnes en 2003 à 3830 tonnes grâce à l’augmentation du nombre d’usines de transformation (23 à 183 sur la même période).

Côté santé, de beaux progrès ont également eu lieu depuis la guerre où le pays avait perdu 80% de son personnel médical. Les anciens hôpitaux, cliniques, dispensaires ont été réhabilités et de nouvelles infrastructures ont été construites grâce notamment au financement et appui technique de la Coopération Belge (pour les hôpitaux publics) afin d’augmenter la capacité d’accueil. L’accent a également été mis sur la formation de personnel médical. En 2009, 90 étudiants terminaient leur spécialisation en médecine alors que 15 ans plus tôt le pays ne formait que 5 médecins généralistes en 5 ans… Un autre progrès est l’accès à une mutuelle de santé pour tous. Avec une cotisation de 1000 RWF (1,5 EUR) par an, la mutuelle rembourse 90% du montant des soins de santé.

Queue at a waterpoint in a rural area of Kigali

Bref, je pourrais encore continuer à présenter les différents sujets de développement mentionnés dans ce rapport tels que les infrastructures, la justice et consolidation de la société, la lutte anti-corruption, le genre, le tourisme etc…

Ces 145 pages seraient donc la vitrine du pays ? Je pense qu’il faut essayer de lire entre les lignes. Du progrès il y en a et rapide qui plus est. Mais où se concentre-il, dans quel domaine et qui en sont les bénéficiaires ? Comme beaucoup d’autres, ce pays n’avancerait-il pas à double vitesse ?

Derrière chaque colline s’en cache une autre…

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Le Plan Maroc Vert: la nouvelle stratégie agricole au Maroc

Le secteur agricole au Maroc

L’agriculture a été toujours un secteur stratégique pour le développement socio-économique du Maroc. Depuis, l’indépendance, le secteur agricole a connu de nombreux programmes de développement agricole et rural et de réformes structurelles pour permettre au pays d’assurer sa sécurité alimentaire et de contribuer dans sa croissance économique. Malgré ce soutien dont a bénéficié l’agriculture par le passé, elle reste un secteur sous-développé.

Aujourd’hui, le secteur agricole représente 15 à 20 % du PIB national marocain. L’agriculture est une source d’emploi majeure avec 3 à 4 millions de ruraux travaillant dans le secteur agricole et 60 à 100.000 emplois dans l’agroalimentaire. Ce domaine a une contribution décisive aux grands équilibres macroéconomiques et à la balance commerciale du pays. Aujourd’hui, la balance alimentaire est largement négative, en excluant la pêche. Sur le terrain, 70% des exploitants marocains ont une surface inférieure à 2,1 hectares. Cet important morcellement est le fruit des régimes du foncier et des successions. On relève aussi le risque d’accélération lié à une pyramide d’âges défavorable puisque la moyenne d’âge des agriculteurs est de 55 ans. Par ailleurs, le secteur souffre des sécheresses récurrentes. En effet, 5 bassins hydrauliques sur 8 sont en situation de déficit hydrique à court et moyen termes.

Dans un contexte mondial marqué par la sécurité alimentaire, le changement climatique, la hausse des prix des produits agricoles, la responsabilisation des producteurs, la lutte contre la pauvreté, le Maroc a été contraint de revoir sa stratégie agricole dans un sens de mise à niveau, de restructuration et de redéfinition des missions. C’est dans cette perspective que le nouveau Plan Maroc Vert a été élaboré et ce, pour rendre l’agriculture le principal moteur de croissance de l’économie nationale dans les 10 à 15 prochaines années.

Le Plan Maroc Vert: objectifs et stratégies d’intervention

C’est en avril 2008 que le Gouvernemant marocain a adopté la stratégie du « Plan Maroc Vert » afin de relancer l’économie du secteur agricole. Cette nouvelle politique a pour finalité la mise en valeur de l’ensemble du potentiel agricole du territoire afin de répondre à quatre objectifs principaux constituant à l’heure actuelle un enjeux important pour l’économie national. Ces objectifs sont:

  • l’amélioration des revenus des agriculteurs

  • la garantie de la sécurité alimentaire de 30 millions de marocains

  • la protection des ressources naturelles des différentes régions

  • l’intégration de l’agriculture marocaine au marché national et international

Sur le plan économique, cette politique a pour ambition de multiplier par 2,5 la valeur ajoutée du secteur agricole qui passera de 38 à 100 milliards de DH par an, et ce sur une période de 10 ans seulement.

Comment?

En favorisant d’une part les investissements dans le secteur agricoles de près de 150 milliards de DH d’ici 2020. (Parmi les potentiels investisseurs étrangers, on cite Global Environment Facility (GEF), le Fonds international pour le développement agricole (FMDA), l’Agence française pour le développement (AFD) et le Millenium Challenge Corporation (MCC)).

Et d’autre part, en augmentant d’une manière spectaculaire les niveaux de productions de certaines cultures dont notamment les olives (de 1 à 4,2 millions de tonnes), les agrumes (1,5 à 3,7 millions de tonnes) mais aussi le maraîchage et les fruits (4,4 à 10 millions de tonnes).

Pour la mise en place de cette stratégie, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime a mis l’accent sur le défi de l’exécution en réformant le Ministère de tutelle mais en créant également l’Agence de Développement Agricole (ADA), l’agence d’éxecution spécifique à la mise en oeuvre du PMV sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture.

Concrètement, le PMV s’articule autour de deux piliers:

Le premier pilier porte sur le développement d’une agriculture moderne et à haute valeur ajoutée/haute productivité répondant aux règles du marché en s’appuyant sur les investissements privés, à travers le financement de 1000 projets tant dans la production que dans les industries agro-alimentaires d’un coût total de 10 à 15 milliards de DH par an.

Le deuxième pilier concerne l’accompagnement solidaire de la petite agriculture, à travers l’amélioration des revenus des agriculteurs les plus précaires, notamment dans les zones enclavées. Dans ce cadre, il sera procédé au financement de 545 projets dit « sociaux » par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social.

Ces projet seront inscrits dans le cadre d’un plan régional basé sur 3 axes visant la reconversion ou diversification des agriculteurs précaires dans des activités à haute valeur ajoutée et moins sensibles aux précipitations.

Il s’agit aussi, d’encourager les projets de production intensive dans les domaines aussi bien de production animale que végétale, à travers l’encadrement des agriculteurs et leur qualification pour avoir un revenu supplémentaire.

Le second pilier a également pour but la reconversion de la céréaliculture en cultures à plus forte valeur ajoutée (ou moins sensibles aux précipitations) et la valorisation des produits du terroir.

Le plan touchera pas moins de 1,5 millions d’agriculteurs tant dans la grande que dans la petite agriculture.

Les Plans Agricoles Régionaux (PAR)

Une stratégie du PMV est la régionalisation de l’agriculture qui se décline en 16 Plans Agricoles Régionaux (PAR). Ces plans portent sur l’augmentation des niveaux de productions des différentes filières identifiées, l’amélioration de la qualité et des conditions de commercialisation de la production, l’amélioration des niveaux de valorisation de l’eau d’irrigation. Cependant, tout en s’inscrivant dans une vision de mise en valeur des potentialités de chaque région, ces PAR répondent également à des problèmatiques plus concrètes telles que l’emploi en milieu rural, la lutte contre la pauvreté et l’exode rural…

Les premiers résultats

En Avril 2009, un an après le lancement de cette nouvelle politique, les investissements réalisés dans le secteur agricole ont été estimés à 12 milliards de DH.

Sur le plan institutionnel, bon nombre de réalisations ont vu le jour. Outre la restructuration des services centraux du Ministère de l’Agriculture et des Chambres d’agriculture, des instances ont été créées afin d’accompagner le PMV telles que l’Agence de développement agricole (ADA) et l’Office national de la sécurité sanitaire des aliments.

La Coopération Belge et le Plan Maroc Vert

La Belgique joue depuis longtemps un rôle considérable dans le développement du secteur agricole dans le sud marocain. Actuellement, la CTB mène plusieurs projets agricoles (GEDINDRA, Développement intégré de Ouijjane, Tinghir,…) pincipalement dans les régions du Souss-Massa-Draâ et du Tafilalet. Les stratégies de développement mises en oeuvre par la CTB dans le cadre de ces projets s’inscrivent parfaitement dans la stratégie du Plan Maroc Vert et plus spécifiquement du Pilier II.

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Les 4X4 de gazelles…

La vallée du Draâ est une des régions les plus touristiques du sud marocain. Cet écosystème oasien est né de l’existence de l’oued Drâa qui s’étend sur plus de 250 km depuis le barrage de Ouarzazate jusqu’à M’Hamid, dernière bourgade aux portes du désert. La vallée est constituée de six palmeraies dans lesquelles se sont édifiés les kasbah et ksour… trésors et vestiges de la culture Draoui.
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Visite ministérielle au Maroc

Ces 2 et 3 février 2009 derniers, Charles Michel, notre ministre de la coopération au développement, était en déplacement au Maroc pour visiter les projets de la coopération belge. Une mission éclair mais concise qui s’est articulée autour de rencontres officielles à Rabat et de visites de projets à Ouarzazate.

Volontaire depuis une semaine, sans avoir encore mis les pieds à Zagora, ma ville d’affectation, j’ai eu l’occasion de participer à cet événement. A vrai dire, cela commençait fort. A peine arrivée, il fallait déjà être sur son 31 par un temps encore hivernal (5°C), alors que le contenu de ma valise était plutôt orienté vers des vêtements de terrain ou quelques tenues plus classiques mais version estivale… détails me direz-vous!
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