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La prairie de nuages colorés et le trafic de la blanche. |
Le berceau des guerriers Chanka.
Andahuaylas est une petite ville perdue au milieu de la sierra, plus exactement dans la partie occidentale du département d’Apurimac, un des départements les plus pauvres du Pérou. Connue sous le nom de pradera de los celajes ou prairie des nuages colorés pour une raison que j’ignore encore, elle est la seconde ville de la région après la capitale, Abancay, avec une population estimée à 34,000 habitants.
Elle fut à l’époque le berceau de la nation Chanka, ennemie notoire des incas. Une terre de guerriers fiers… dont le sang coule visiblement encore dans les veines des habitants vu qu’ils mirent le bâtiment du gouvernement où nous avions nos bureaux en feu lors d’une grève assez violente contre l’activité minière début novembre. Ne vous méprenez pas ! De la taille d’un mouchoir de poche, un grand marché dominical, ainsi que quelques bars et discothèques, mais mis à part cela, Andahuaylas n’est pas exactement ce que l’on pourrait qualifier de ville d’action… En tous cas, en apparence…
Là où pousse la coca…
L’emplacement stratégique d’Andahuaylas, à la frontière du VRAE (vallée des rivières Apurímac et Ene) qui est une zone de production de blanche –entendez de cocaïne- en a fait un point de sortie privilégié pour la drogue. Les statistiques indiquent que dans le VRAE se concentre la production de 155 tonnes de chlorhydrate de cocaïne ou l’équivalent de 490.000 kilos de pâte basique de coca (PBC), ce qui en fait la première zone productrice de cocaïne du Pérou et probablement du monde1. La production en hausse chaque année démontre la difficulté de la police à contenir le problème dans cette vaste jungle où les narcotrafiquants se sont alliés aux terroristes du Sentier Lumineux.
Difficile de croire au potentiel de la paisible ville d’Andahuaylas dans le trafic de drogues, même si il est surprenant de voir autant de 4×4 luxueux arpenter les rues et le prix des terrains exorbitant dans une ville où 70% de la population gagne en moyenne S\. 100 par mois et par famille (soit l’équivalent de 28€)². La brigade antidrogues péruvienne répertorie pourtant une route partant de Pacobamba vers Andahuaylas en passant par Chungui³. Les cargachos ou mules transportent la PBC via des sentiers de randonnée dans les Andes en quelques jours. Chaque voyage leur rapporte environ $150, ce qui explique l’attrait de l’activité malgré les risques encourus³.
Une fois arrivée dans les villes intermédiaires, la PBC est traitée par les entreprises régionales, qui à leur tour la dérivent vers des entreprises nationales, qui grâce à un appui industriel, emballent et camouflent la drogue. Ces entreprises écrans vendent alors la cocaïne aux cartels mexicains dans les ports ou aux mafias brésiliennes et boliviennes aux frontières du pays4.
Au final, la consommation de cocaïne n’est pas des plus inquiétantes à Andahuaylas où la population ne peut majoritairement pas se permettre un tel luxe. Le réel problème est le recrutement des jeunes des populations rurales comme mules. La population pénitentiaire d’Andahuaylas est d’ailleurs composée à plus de 60% de cargachos5.
Quelles solutions à ce fléau ?
L’unique solution durable pour diminuer l’engagement des paysans comme mules est de leur offrir d’autres perspectives de développement économique. Le gouvernement ainsi que de nombreuses organisations publiques et privées s’y emploient, mais le développement économique d’un pays en voie de développement est lent et inégal poussant une fois encore les populations les plus vulnérables à s’engager dans des activités illégales pour des simples raisons de survivance…
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[1] Narcotráfico y Gobernabilidad. Boletín electrónico del IDEI. Año 3 – No 22 – julio 2009.
[2] Lecciones y aprendizajes, después de 12 días de paralización en Andahuaylas. Richard Arce Cáceres. (2011) http://inquietud-chanka.blogspot.com/2011/12/lecciones-y-aprendizajes-despues-de-12.html
[3] Los ‘Mochileros’ del VRAE. http://www.caretas.com.pe/Main.asp?T=3082&idE=825&idS=263
[4] El laberinto de la cocaína peruana. Beatriz Jiménez. (2009) http://www.elmundo.es/america/2009/10/25/noticias/1256446918.html
[5] Investigación. Jerónimo Centurión. (2007) http://archivo.agenciaperu.tv/ventana/index.php?q=node/77






Harika Ronse said,
February 17, 2012 - 3:31 pm
Immortal Technique “Peruvian Cocaine”