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Un AJ au pavage

En tant qu’Assistant Junior au profil technique (denrée rare pour le moment), les occasions de prendre des responsabilités et de réaliser des choses concrètes sur le projet sont assez nombreuses. Je vais tenter à travers cet article d’expliquer plus concrètement quelle est ma tâche sur celui-ci, et la place que je suis en train de me faire.

Sur le projet, je suis encadré par Michel Charlier, assistant technique de formation agronome, mais avec une expérience solide dans la construction de routes. J’ai un co-coach, qui est soit Bonaventure, ingénieur civil, soit Dieudonné, architecte reconverti par l’expérience dans les fonctions d’un ingénieur de chantier. Mes autres collègues sont Léonidas, qui est topographe et le dessinateur-métreur du chantier, Sédéchias, ingénieur civil, nouvel arrivant sur le chantier et Alexis, Joseph, Jean-Marie et Gratien, tous quatre techniciens de chantier. Ces avec ces personnes que j’apprends le métier, et que je travaille au quotidien.

Actuellement, le projet pavage en est à sa phase de lancement, et l’inauguration est prévue pour le 15 novembre en grande pompe. Les futurs bureaux dans lesquels nous allons travailler, sont en chantier sur le site de stockage de nos matériaux (millions de pavés, tonnes de ciments, outillage,…).
Nous sommes pour ce petit chantier, le maître de l’ouvrage en même temps que le maître d’œuvre et parfois le bureau d’étude. C’est en gros construit et calculés par nos soins. En même temps que nous planifions au bureau la construction des routes, tergiversons sur leur tracé et leur aspect technique, une partie des efforts est consacrée à la construction de ces bureaux.

Quand je suis arrivé sur le projet, début octobre, on était en train de finir le gros œuvre, et il restait à faire la charpente du bâtiment.  La solution pour cet ouvrage aux dimensions irrégulières proposée par l’entrepreneur n’a pas satisfait le chef de projet, qui m’a demandé de me pencher sur autre solution. J’étais donc chargé de faire une nouvelle version de la charpente métallique qui corresponde aux désidératas du projet, et qui convainque l’entrepreneur, par nature réticent au changement en cours de route et très septique. Concrètement, pour faire passer l’idée, ce qui est difficilement visualisable sans modèle, j’en ai fait une représentation 3D. Cela m’a aussi servi à m’assurer que l’idée tenait la route et anticiper sur les problèmes de conception de la charpente et de raccordement de la toiture,  pour que tout le monde soit convaincu de sa viabilité. Après le modèle 3D, qui n’est pas assez précis que pour servir de base de travail aux charpentiers, j’ai fais des plans avec Autocad. Les soudeurs ont ainsi pu construire les différentes fermes, après validation par l’entrepreneur et les différentes parties présentes.
Ce fut un travail très intéressant dont pas mal de gens dépendaient simplement parce que le temps que soit trouvée la nouvelle solution, cette partie du chantier était stoppée et c’était chômage technique pour les responsables de ce volet du travail. Quelques journées et soirées pour un travail dans « l’urgence » donc.
Un des avantages à mes yeux de ce genre de travail, c’est qu’on nous donne vite des responsabilités, et que les résultats sont visibles directement. Ce sera une satisfaction que de voir le bâtiment couvert par la toiture que j’ai dessinée.

Un autre volet de mon travail pour le moment, consiste en la formulation des bétons qui vont être utilisés pour faire la préfabrication des éléments des caniveaux. L’objectif de cette préfabrication est de pouvoir concevoir tous les éléments linéaires qui feront les caniveaux du projet. Il s’agira quand on construira simultanément dans les 3 quartiers, de plus de 2 km mensuels d’éléments de 65x50x8 cm, soit plus de 4000 éléments par mois… C’est une grande question logistique (stockage, fabrication, rotation des moyens de fabrication,…) dont la partie technique se résume à trouver la quantité d’eau adaptée à la granulométrie des constituants du béton pour pouvoir décoffrer directement après coulage du béton. De cette manière, il est possible d’utiliser le moins possible de matériel couteux (table vibrante, bétonnière, moule en métal,…) en construisant des éléments à qualité contrôlée sur le chantier.  Je suis donc ici en train de chercher la solution technique la plus économique, je fais des visites des sites de production des matériaux (rivière pour le gravier et le sable, carrière pour le concassé, autres chantiers pour des exemples de réalisation,…), on réfléchit avec Gratien à des méthodes de mise en œuvre, à l’adaptation des formulations en fonction des conditions atmosphériques et de stockage,…

En ce qui concerne la construction des caniveaux et le réseau d’assainissement, je suis en train de voir comment les dimensionne. Sur base d’études précédentes ou pour d’autres zones, je me replonge dans mes cours d’hydraulique. Je m’appuie sur les connaissances emmagasinées par les membres de l’équipe (largement plus importantes que la mienne), et aussi un support de la cellule infrastructure du siège de la CTB à Bruxelles.
Pour ce réseau, il s’agit aussi d’aller voir sur place dans les quartiers du projet pour se renseigner auprès de la population sur l’état actuel des caniveaux, voir si ils sont sous-dimensionnés et pourquoi, mais aussi de voir avec le topographe l’état actuel des écoulements des eaux dans les communes, (débit, qui verse dans quoi,…). Pour cette phase du travail, je n’en suis pas encore loin, mais elle s’annonce très intéressante, et je serai jugé à l’aulne des résultats en temps de crue dans le futur.

L’ensemble du projet pavage dans les communes de Kamenge, Kinama et Cibitoke est conçu différemment de la partie « pavage à l’entreprise » qui va commencer simultanément dans les quartiers centraux de Bujumbura. La différence comme indiquée précédemment est que nous travaillons en régie, ce qui signifie que nous faisons tout nous même en nous appuyant sur nos propres expériences. Ce que cela implique est que nous allons aussi faire nous même les études techniques en cours de projet et préalable au lancement de certains tronçons. J’ai parlé des études hydrauliques, mais pour la construction de la route, il faut aussi réfléchir aux terrassements à effectuer, aux dimensions des fondations de la route, à la qualité des matériaux pour respecter le cahier des charges que l’on s’impose.


L’un des buts avoués du projet, est l’autonomie et l’on ne s’improvise pas entrepreneur du jour au lendemain. L’équipe de gestion de chantier doit donc aussi contrôler la qualité des travaux. Pour cela, nous allons faire nous-mêmes la majorité des essais et j’ai un rôle important dans ce volet. Essais à la plaque pour le contrôle du compactage des remblais et couches de bases de la route, essais de sol, contrôle de résistance des bétons (essais de compression), granulométrie des éléments, densimétrie du sol,… sont des choses que nous allons faire nous même et que je dois donc aider à mettre en place pour contrôler la qualité en cours d’avancement.

A tout cela s’ajoute des petites taches quotidiennes qui vont de la recherche documentaire pour savoir quel spécification donner à un matériel pour un futur achat où à la rédaction d’articles pour le compte du programme junior.

Je peux donc dire que ce travail est très épanouissant, peu rébarbatif et permet d’apprendre à grande vitesse. Il à l’avantage de se voir confier des responsabilités rapidement, et au contraire du travail d’autres Assistants Juniors qui font des travaux plus sur le long terme ou l’institutionnel, il a des résultats concrets et tangibles rapidement. Mon encadrement est assuré et aucune des tâches susmentionnées n’est faite toute seule avec quelqu’un qui me dirait débrouille toi. J’ai donc l’avantage d’être autonome mais pas seul. Quand j’ai des questions qui dépassent le cadre de mes compétences ou de mes collègues, je peux faire appel au support de la cellule infrastructure de Bruxelles, ou au Centre de Recherche Routière en Belgique avec qui je suis en contact. Si cela n’est pas suffisant, on réfléchit ensemble à la manière de trouver la solution.

Une des choses qui me rassure dans cette aventure, est le fait que les deux assistants techniques qui gère ce projet ont tous les deux étudié l’agronomie et ont au final fait des routes et de l’irrigation tout au long de leur carrière. Cela me montre qu’a leur manière j’apprendrai beaucoup du métier sur le tas, et que de leur part ils sont conscient de mes limites, mes aussi des mes potentiels. Je sors des études, je suis donc aussi au sein du projet le plus à même de me plonger dans des domaines nouveaux. Le fait que je sois AJ, me permet aussi d’avoir plus le temps de me consacrer à l’aspect purement technique du projet, là où mes collègues passent la majeure partie de leur temps dans les questions administratives et relationnelles.

Une des choses que j’apprécie particulièrement et pour laquelle j’ai postulé pour ce poste, est le fait de faire vraiment un travail de terrain et de rencontrer un nombre important d’acteurs de tous bords. Je suis près de 50% de mon temps sur le chantier ou dans les quartiers, et l’inauguration du projet la semaine prochaine par exemple, me permettra de rencontrer des acteurs avec qui je n’aurais jamais aucun contact en Belgique. Je pense notamment aux ministres responsables, au président ou aux responsables de tous bords.

Ces sont toutes ces raisons qui me font apprécier la fonction en plus de son sens éthique lié au projet, et qui font que je suis content d’avoir choisi comme premier travail la coopération technique.
On verra encore une fois dans deux ans mon avis sur ma fonction, si cela m’aura donné les opportunités de carrière espérées ou pas.

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3 Comments »

  1. daphnee said,

    November 15, 2010 - 10:44 am

    Thomas, Merci!! Tes articles sont extrêmement intéressants. Un + pour la communication externe du projet :o )))
    Bonne journée là-bas, Daphnée

  2. thomas said,

    November 15, 2010 - 11:38 am

    J’en réécrirai alors! T’as utilisé une partie pour ISF? L’ulb via la cellule coopération de polytech est aussi intéressée par plus d’infos sur le programme junior. A bon entendeur!

  3. novence said,

    March 9, 2011 - 12:37 pm

    salut ,c’est bon de bien paver

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