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Mes débuts au programme Pavage

Me voilà arrivé à Bujumbura depuis plus d’un mois, et lancé dans mon projet depuis autant de temps. Je peux déjà en dire en opposition avec les appréhensions que j’avais avant de partir, que j’étais bien attendu. Lors de ma première journée, j’ai été directement pris en charge par mon coach, Michel Charlier et le reste de l’équipe. Ma première semaine a été fort studieuse, pour permettre de me lancer dans le projet, de faire mes marques en même temps que je m’installais à Bujumbura. Elle a consisté pour beaucoup en la lecture de nombreux documents pour me familiariser avec les concepts, les objectifs et les tâches de celui-ci.

Au début, on se sent un peu perdu, on s’aperçoit qu’on avance dans une direction qui semble assez floue car on a l’impression que chacun vaque à ses occupations dans son coin, et il est difficile de sortir de tout cela une vision d’ensemble et claire du cadre de travail. Ma première impression a été que le chef de projet avait un plan d’ensemble dans sa tête, et qu’il allait falloir lui soutirer les informations pour savoir ce que j’allais devoir faire. Cette impression était renforcée par ma première expérience de chantier à Bruxelles, où tout était planifié, les plans de tout l’ouvrage étaient disponible de manière centralisée, de même qu’un organigramme du who’s who et des plannings hebdomadaires. Au final, nos deux chefs de projet ont organisé assez vite une réunion avec toute l’équipe, au total une vingtaine de personnes, dans le but que l’on ait l’occasion de se présenter et que chacun donne un mot sur sa fonction et ses occupations actuelles.
Les deadlines se sont précisées, ce qu’on pouvait attendre de qui et notre position est tout de suite parue plus claire. Après la première semaine, j’étais capable de savoir en quoi consistait vraiment le projet, quels seraient les collègues avec qui j’allais le plus échanger, ce que je ferais concrètement,… j’avais trouvé ma place.

Ce que j’en ressors, c’est la description que vous pouvez lire ci-dessous. Elle ne reflète peut-être pas exactement la réalité du quotidien de chacun, mais c’est ma perception.

Le projet est intitulé : « Programme Pavage (Développement économique et social par la mise en œuvre d’un programme de pavage à Haute Intensité de Main d’Œuvre) ». Bien que son intitulé soit long et un peu pompeux, il reflète bien les objectifs et les ambitions de celui-ci.

Kamenge, Kinama et Cibitoke où les travaux vont commencerIl va donc consister à mettre en œuvre dans les communes nord de Bujumbura, un réseau de routes en pavés et un réseau d’égouttage.    Ces fonctions peuvent paraître basiques tellement elles sont devenues naturelles chez nous, mais ici, dans ces

quartiers défavorisés où vit près d’un quart de la population de Bujumbura, c’est une avancée déterminante. Le réseau d’assainissement va permettre d’éviter d’avoir des eaux stagnantes dans les rues actuelles et d’évacuer le trop plein d’eau lors des pluies diluviennes dont cette ville a le secret. Les eaux stagnantes sont ici un problème de santé publique de premier ordre. Une flaque est un nid de millier de moustiques potentiellement porteur du virus mortel de la Malaria ou d’autres maladies impossibles. Développer le réseau d’assainissement par le biais de la construction de routes, c’est donc contribuer à réduire la mortalité et améliorer les conditions de vie de chacun.

En ce qui concerne les routes, outre toutes les avancées qu’amènent leur réhabilitation et pérennisation (développement économique, désenclavement, gestion communale,…), c’est tout ce qu’apporte aux populations cible leur construction qui est intéressant.

Le choix de la technstockage pavésique premièrement. Une route en pavé plutôt qu’une route asphaltée car les pavés sont produits localement et demandent beaucoup de main d’œuvre pour être mise en place. C’est le choix contraire à ce qui serait fait en Europe ou la mécanisation du travail fait un maximum diminuer les couts. Ici une route en asphalte comme en Europe, se fait avec un personnel réduit et par le biais de machines que seule une entreprise internationale peut se permettre d’acheter. Les bénéficiaires seraient donc au niveau des entreprises, ces multinationales et l’argent déboursé serait indirectement rapatrié en Europe. Ici, les pavés pour les dizaines de kilomètres que nous projetons de construire, font vivre des dizaines d’associations de tailleurs de pierres dans les carrières environnantes (on parle ici de dizaines de millions de pavés…). Cela permet au niveau de celles-ci d’avoir un carnet de commande à long terme, avec des contrats réguliers. Avec l’appui du projet pavage, cela devrait leur permettre ainsi d’améliorer leurs techniques et de se restructurer dans le bon sens du terme.

La mise en œuvre des pavés n’a pas non plus été pensée à la légère. Là oùprécédemment le projet faisait appel à des entrepreneurs privés pour construire ces routes, il s’agit maintenant de tout faire nous même (dans le jargon, de gérer le projet en régie). Pour cela une partie de l’équipe de projet se concentre sur les aspects formation et suivi de la main d’œuvre locale. L’objectif étant de former les maçons, contremaîtres, techniciens,… que le projet va engager. Le chantier est donc en même temps une grande école de formation, qui devrait permettre au gens des quartiers des débouchés pour monnayer leur nou

veau savoir-faire par après. En routine, le projet devrait engager jusqu’à 600 personnes, qui recevraient en parallèle une formation de base en comptabilité, écriture, gestion, épargne,… pour qu’à la fin du projet pavage ces personnes puissent se réinsérer dans la vie active, avoir un accès facilité au microcrédit pour lancer leur « affaire », tout ça dans des quartiers où le chômage et l’économie parallèle sont endémiques. L’encadrement des ces activités annexes (bien que primordiales) est assuré par des ONG locales appuyée par le programme pavage.

Ce sont tous ces objectifs qui font  du programme pavage un projet phare de la coopération belge. Car en plus du budget important qui lui est alloué, ces sont des objectifs à court et long termes qui ont une visibilité importante, et des résultats concrets.

Au niveau de l’équipe de projet, nous sommes 3 assistants juniors de backgrounds différents (Céline : Sciences sociales, Guillaume : Géographe et moi-même ingénieur civil) venus compléter une équipe pluridisciplinaire. Celle-ci est gérée par deux assistants techniques ayant beaucoup d’expérience dans le domaine et deux directeurs d’intervention burundais, détachés de leur ministère respectifs (ministère de l’intérieur et ministère de l’Eau, de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme). Le reste de l’équipe est composée d’un topographe, de techniciens, de logisticiens, d’une comptable, d’une secrétaire de direction, d’ingénieurs, de sociologues, de chauffeurs et de commis.

J’en fini ici pour ma description du projet. Pour le moment il s’agit des objectifs et aspirations de celui-ci, mais je peux vous assurer que l’équipe ne chôme pas et que toutes les activités ont étés lancées ou sont en cours de préparation. De cette manière, le nombre de réalisations concrètes que nous auront opérées dans plusieurs mois sera non négligeable pour le développement du Burundi, l’évolution des pratiques et le bien-être des bénéficiaires. Si tout ce passe bien, ce projet servira de référence pour les savoir-faire emmagasinés, son approche et ses résultats. Dans plusieurs mois je pourrai d’ailleurs vous en toucher un mot.

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1 Comment »

  1. Guillaume said,

    November 11, 2010 - 3:33 pm

    Excellente explication Tom…
    On (Céline et moi) risque d’avoir du mal à respecter notre contrat maintenant ;-)

    allez, on the road again !

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