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Itinéraire d’une coopérante sur le terrain

Il y a un peu près un an j’arrivais au Sénégal et je commençais à travailler pour la CTB en tant qu’assistante junior ! Au début, je devais travailler sur deux projets, le PAMIF et le REMEC/NIAYES. Finalement il en sera autrement, je me consacrerai à appuyer la mise en place du plan de communication du REMEC/NIAYES .
Avant de partir, il me tient à coeur de partager cette année sur le terrain qui a été riche en expériences. En voici un bref aperçu


Mon secteur de travail : la microfinance

La microfinance a d’abord une dimension humaine. A l’inverse des banques qui sont plus rigides, la microfinance se

Mamadou Silla, agriculteur entrepreneur à la tête d'une exploitation florissante grâce aux microcrédits

Mamadou Silla, agriculteur entrepreneur à la tête d'une exploitation florissante grâce aux microcrédits

La microfinance promeut le leadership féminin

La microfinance promeut le leadership féminin

distingue par son offre de produits et services financiers destinés à ceux qui ne sont pas dans les conditions pour accéder aux services bancaires classiques (Au Sénégal, ça représente la majorité de la population: la microfinance représente 90% de l’activité finanacière du pays).
Les « oubliés » (appelons-les ainsi) du système financier classique ne sont pas seulement des personnes vivant en-dessous ou à la limite du seuil de pauvreté (les  « pauvres » épargnent même si ce sont de très petites quantités) mais sont celles aussi vivant dans des régions isolées ou de revenus intermédiaires inférieurs mais pas assez élevés, fragilisés par une série de facteurs externes (volatilité des prix, mauvaises récoltes, maladie, …). Ces deux dernières catégories constituent une couche de populations vulnérables, c’est-à-dire si elles n’ont pas accès à des services financiers de proximité risquent de tomber dans la pauvreté. Entendons par proximité des services qui prennent en compte les spécificités de ces populations (dont les femmes ) et qui soient adaptés à la faiblesse des revenus (petits prêts, conditions d’octroi de crédit plus légères) etsimplifiés (vu le faible niveau d’éducation).
C’est ainsi que la microfinance contribue à la lutte contre la pauvreté, en servant de levier de développement pources populations entrepreneuses : Elle leur garantit un accès permanent aux services financier, ce qui leur permet de profiter, dans un contexte économique favorable, des opportunités économiques et de faire face à des dépenses personnelles prévisibles ou non (maladie, assurance-santé, scolarité, permis de conduire, …). Par conséquent, elle permet réduire leur vulnérabilité donc à améliorer leurs conditions de vie .

Mon partenaire : Le REMEC/NIAYES

Le REMEC/NIAYES est un réseau de 9 mutuelles d’épargne et de crédit qui couvrent la région des Niayes, zone rurale entre Saint-Louis et Dakar.

Le réseau a son siège à Mboro qui est un des grands centres de production et de commercialisation de la
zone. C’est une

petite ville très dynamique, à proximité de l’océan, des champs et des industries, au beau milieu de la région des Niayes. On y trouve de tout : des commerces, des petits restaurants, deux hôtels, d’autres systèmes financiers décentralisés (SFD) concurrents du REMEC/NIAYES, des centres de santé, une union des groupements féminins, des ONG, des écoles, des entreprises informatiques… Vous le voyez bien, il y a de tout, sauf des banques.

La microfinance offre des services de proximité aux personnes vivant des zones reculées, comme ici, à Gandiole, localité rurale.

La microfinance offre des services de proximité aux personnes vivant des zones reculées, comme ici, à Gandiole, localité rurale.

Contrairement à la tendance actuelle des SFD à se concentrer dans les villes au détriment des zones rurales et reculées, le REMEC/NIAYES a choisi seulement le créneau du monde rural et tous les défis qui sont liés au financement des activités de ce secteur, en particulier dans le maraichage, la pèche et l’élevage et le commerce liées. Il faut savoir que le financement de ces activités est extrêmement risqué et exige des garanties très strictes, car les risques ne sont pas pas prévisibles: les conditions climatiques rendant incertaine la productivité des récoltes, la volatilité des prix sur le marché ne garantissant pas la rentabilité de l’activité, le rythme des récoltes qui rend difficile les remboursements à court-terme et la stabilité des ressources naturelles qui ne répond pas toujours aux besoins en fonds de roulements (intrants, semences, …). Il s’agit donc de prévoir des conditions de financement adapté à la situation accompagné de politique agricole, d’accompagnement de la filière et de diversification des produits (épargne santé, …) , tel que se l’est planté le REMEC/NIAYES

Mon job : la communication

Le REMEC/NIAYES est un réseau émergent et est confronté à des impératifs liés à la pérennité financière du réseau. Par ailleurs, il y a le constat que le réseau est peu ou mal connu auprès des acteurs de la microfinance et dans la zone des Niayes. Depuis sa mise en place , aucune stratégie de communication n’avait été clairement définie pour l’ensemble du réseau pour se promouvoir et sensibiliser sur son offre de produits et services. Or, l’enjeu est d’assurer sa pérennité. Face à ce constat, en 2009, le REMEC/NIAYES décide de développer sa communication afin de renforcer sa visibilité qui commencera en 2010. Le chantier ne fait que commencer: en effet, avant de communiquer vers l’extérieur, il faut d’abord s’atteler à convaincre et instaurer une communication fluide entre les mutuelles et entre les mutuelles et le réseau.

Les objectifs du plan de communication sont :

  1. renforcer la visibilité interne auprès des adhérents et des techniciens du réseau. Le REMEC/NIAYES les membres et les techniciens sont fidélisés au réseau grâce à une politique de sensibilisation interne insistant sur la spécificité de son offre de produits et services et sur les problématiques de l’épargne, du remboursement de crédits et de l’opportunité du développement des filières, ce qui a comme effet de renforcer les caisses du réseau
  2. renforcer la visibilité externe du réseau
  • auprès des acteurs de la microfinance et du développement local : le REMEC/NIAYES est mieux connu, ce qui lui permet de nouera de nouveaux partenaires techniques, financiers et institutionnels
  • auprès des populations des Niayes : le REMEC/NIAYES est mieux connu dans la région, ce qui a un impact sur son sociétariat augmenté.

Voici ci-dessous un petit aperçu des activités de communication qui ont déjà été mises en œuvre se sont surtout concentrées sur l’image du réseau pour mieux le positionner dans le secteur de la microfinance et à mettre en place un dispositif interne reposant sur les élus pour prendre en charge la communication du réseau et de leurs mutuelles. Cela se traduit par :
1. Un nouveau logo et un nouveau slogan (le financement rural)

2. Un site web: cliquez ici pour accéder au site provisoire en attendant que la Sonatel (télécommunication) daigne nous les transmette comme promis il y a plus de 2 mois.

Formation en communication pour les élus désignés à remplir les fonctions des chargés de communication du réseau

Formation en communication pour les élus désignés à remplir les fonctions des chargés de communication du réseau

3. Un atelier de formation en communication pour les chargés de communication et recrutement d’un responsable communication au niveau du réseau pour le suivi
4. Partage du plan de communication avec les élus et les gérants
5. Conception de supports de communication (newlsetter interne, autocollants, affiches, dépliants,  photos et témoignages audio des adhérents des mutuelles…)
6. Renforcement de la communication interne : La stratégie de communication a été conçue comme un outil de participation des mutuelles et de circulation de l’information basée sur une meilleure concertation. Outre la communication externe, chacune des activités (à l’exception de la conception des supports de communication) a impliqué les mutuelles dans les décisions importantes ou a favorisé leur participation dans la réalisation du plan de communication afin de permettre une meilleure appropriation.  En effet, elles (et les membres qui les composent) jouent un rôle très important puisque ce sont les premiers alliés du réseau (et des mutuelles) qui iront parler positivement en-dehors tout en s’assurant d’une meilleur adhésion au réseau.

Mon expérience en Afrique : Sénégalaisement !

En mission: le meilleur du boulot (photo de Dieter Thelemans, photographe)

En mission: le meilleur du boulot (photo de Dieter Thelemans, photographe)

Pour moi, c’était une première fois en Afrique. Ici tout est différent : les odeurs, la culture, la manière de penser et devoir la vie, le contexte de travail et la patience, les contrastes, les imprévus… l ! Tout se vit plus intensément : les découvertes en tout genre, les bons moments et les moins bons, le contact avec les gens et les amitiés, la teranga sénégalaise, … L’Afrique, c’est un monde à part que je ne suis pas mécontente d’avoir connu !

Pour moi, cette année au Sénégal a été une expérience très enrichissante autant sur le plan humain et personnel que professionnel : j’ai eu la chance d’avoir un job est devenu intéressant, de passer beaucoup de temps en mission, entre Mboro et Dakar, et de parler avec les gens sur le terrain.

Pour moi : pas de prolongation, retour au bercail avec une bonne impression du Sénégal et de nouveaux projets qui se profilent à l’horizon ! Ba beneen yoon!

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