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Le sac de plastique. |
Je ne sais pas vous, dans vos pays respectifs, mais ici au Pérou, quand on croise quelqu’un qui a non seulement l’air mais aussi la conscience de se préoccuper de l’environnement, ça surprend agréablement.
Hier soir, jour de courses : je passe chez moi prendre mon joli sac en toile de jute acheté à l’association de producteurs écologiques où Hannes (Van Den Eeckhout – voir Assistants Junior Pérou) travaille et je file au supermarché. L’arrivée à la caisse est toujours ponctuée de la même phrase : « non, merci, pas de sachets plastiques s’il vous plait ». Pas d’exception à la règle hier. Par contre, contre toute attente, la caissière sourit, hésite et ose : « c’est pour l’environnement, non ? Que vous ne voulez pas de sac en plastique ? C’est pour éviter trop de gaspillage et de pollution, non ? ». Et ça, c’est une première. J’en suis restée bouche bée. Ca n’arrive pas souvent, mais ca arrive. Et l’optimiste qui dort en moi pense qu’avec de la patience, de la détermination, une bonne dose de pédagogie et une éducation de qualité sur le long terme, cette petite caissière ne sera pas l’exception qui me réveille de mon train-train bougon et résigné mais juste une citoyenne responsable parmi d’autres – beaucoup d’autres.
Il n’empêche, plus surprenant encore, l’hésitante caissière du supermarché de ce mardi 25 mai semble préoccupée et continue sur sa lancée : « mademoiselle, tous ces déchets ménagers, une fois les aliments consommés, vous en faites quoi ? Vous les jetez où ? » Il ne m’a fallu que trois bonnes secondes pour me rendre compte que je n’en savais absolument rien. Je rougis un bon coup et je rends les armes. Relativisons (je suis une adepte de la relativisation) : dans cette capitale de 9.000.000 d’habitants, il est tout à fait possible de trier le verre couramment et facilement. Mais ca se corse pour le papier (dans des points de recyclage plutôt éparpillés), et les bouteilles en plastique, qui trouvent une seconde vie auprès de revendeurs de rues. Tout reste très informel.
Et plus important : aucune sensibilisation. En tout cas, si sensibilisation il y a, le passage a l’action est pour ainsi dire inexistant. Dans un pays où l’on trouve encore beaucoup plus logique, non-contraignant et inconséquent de jeter ses déchets (avec un air détaché, bien sûr) dans la rue, on peut se demander quelle est la place et la qualité de l’éducation à l’environnement.
A quelques jours de la journée mondiale de l’environnement (05/06), organisée sous les auspices de l’ONU, la biodiversité est à l’honneur. Loin du recyclage liménien, certes, mais toujours aussi proche du Pérou, cette thématique a l’avantage de toucher de près le cœur des péruviens. En théorie. Le Pérou est un des pays les plus riche en biodiversité au monde ; le plus riche en biodiversité en Amérique Latine. Hors, les incohérences, les conflits d’intérêts, l’argent, le pouvoir – en bref, les grands mots (maux ?) de toujours sont une menace permanente.
Je ne tiens pas à balayer le thème de la préservation de notre environnement en quelques lignes mais juste à faire un appel de conscience : j’ai peur des humains. Parce que je sais qu’on est capable du pire comme du mieux. Je sais que je suis capable, à coups de résignation, démotivation et pessimisme de jeter ce déchet par terre, de tout balancer a la poubelle sans rien vouloir épargner. Tout est une question de volonté ; on en revient toujours à ce dilemme manichéen et à ce manque de cohérence. Je vais dans un supermarché (pas bieeenn) mais je ne veux pas de plastique ; je fais mes déplacements à pieds mais je prends l’avion deux fois par an ; j’achète équitable et bio régulièrement mais je porte des Converse et je bois Coca-Cola.
Je crois que finalement ce texte n’a pas de conclusions et je ne pense pas non plus être la seule dans ce cas de conscience. Finalement la volonté ne suffit sans doute pas : sans vouloir être philosophique, il va nous falloir faire confiance : en nous, en nos gouvernements, en l’éducation et en la coopération au développement.



fvansteenwegen said,
June 4, 2010 - 12:07 pm
Boeiend artikel, Caroline!
Hoe vaak ben ik hier niet geschokeerd door de Marokkaanse overconsumptie van plastiek zakken, het wegsmijten van afval op straat en in de natuur, alle uitlaatgassen en het gebrek aan recyclage. Maar dan bedenk ik dat, hoewel ik wel op zo’n dingen let, mijn ecologische voetafdruk nog steeds heel wat groter is dan die van de gemiddelde Marokkaan, en zakt de moed me in mijn Converse-schoenen.
joel said,
June 4, 2010 - 1:05 pm
Le “sac plastique”, le sujet est excellent pour amorcer les problématiques environnementales. Tu viens de m’inspirer Caro!
Ici aussi on a de quoi se décourager. L’uranium et les zones radioactives, les sacs plastiques noirs, les voitures d’occasions “fumantes” venues d’Europe et USA via les ports de Cotonou et Lomé, la non gestion des déchets, …
On est visuellement interpellé par tout cela, mais en Europe, là où la pollution est démesurément bien plus importante, on a l’impression de ne pas la voir. On y obtient même le “droit de polluer”via les crédits carbonne et autres! envoyer ses déchets dangereux dans certains pays pour le tri et l’enfuissement devient à la mode (Ghana, Inde, Chine, …)
Avoir de l’optimisme? il le faut! Mais c’est difficile! Le flagrant échec des accords de Copenhague est révélateur de bien des choses!
Julien Lesceux said,
June 7, 2010 - 9:50 am
Salut Caroline,
Très chouette sujet, des souvenirs aussi… je comprends ton regain d’optimisme, et même si en Belgique les choses bougent (et beaucoup même), jamais on ne m’a dit ou demander le pourquoi de mon refus de sac plastique… ton message me donne une idée: à partir d’aujourd’hui, je ne vais pas que refuser ce sac, mais bien le refuser en disant que je le fais pour la protection et le bien être de notre planète… Susciter l’échange, la réflexion… tout commence par là ! Belle journée à vous,
Julien
Caroline said,
June 7, 2010 - 8:47 pm
Ce ne sont pas les exemples incohérents et paradoxaux qui manquent, je te l’accorde Joel! Et l’Europe en est bien l’exemple, malheureusement…
Christine Vander Elst said,
September 2, 2010 - 1:55 pm
très beau résultat pour le Pérou, mais ils viennent de loin! Depuis 1992, j’ai été 15 fois au Pérou pour le suivi des projets et j’ai vu beaucoup de changement… Tout n’est pas parfait, c’est sûr, mais vous devez rester optimiste…. bon courage…