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Ensemble, protégeons les ressources du lac Ahémé! |
Le lac Ahémé est l’un des trois plans d’eau majeurs du Sud Bénin. Il fait partie du complexe fluvio-lagunaire, écosystème fragile et précieux. Ce complexe abrite en effet une biodiversité importante et particulière et, présente l’avantage de limiter les problèmes d’inondation en absorbant une grande quantité des eaux de pluies. Le lac Ahémé souffre de plus en plus de petits et grands maux. Le lac se comble, la biodiversité diminue, l’érosion s’accélère, la pauvreté augmente. Heureusement, des solutions existent et se mettent en place! Les problèmes du lac Ahémé sont liés à différents facteurs. Facteur historique d’abord, la pression démographique dans la région influence fortement la détérioration de cet écosystème. A cette croissance démographique correspond un accroissement des besoins:
- Il faut plus de bois pour cuisiner, ce qui amène à un problème de déforestation progressive. Les pluies tombent alors sur des sols dénudés en arrachant la terre qui ruissèle vers le lac, l’érosion se met en marche et le comblement du lac progresse.
- Les besoins en nourriture augmentent également. L’effort de pêche s’accroît. Et les poissons sont pêchés de plus en plus petits. Il arrive alors un moment où la génération suivante n’a pas le temps de remplacer la précédente et la quantité d’espèces halieutiques du lac diminue ainsi.
Un autre facteur est l’utilisation de certains engins prohibés, comme les acadjavis, sur le chenal reliant le lac à la lagune. L’acadjavi est une technique de pêche consistant à planter en cercle des branchages et à les laisser se décomposer dans l’eau. Ceux-ci deviennent source de nourriture et de refuge pour les poissons. Après un certains temps, un filet est placé autour des branchages qui sont retirés, et il ne reste qu’à cueillir les poissons. Les branchages décomposés, restent dans l’eau et se transforment en vase.
Au niveau du lac Ahémé, s’ajoute à cela un phénomène naturel d’ensablement du chenal. En effet, l’eau de mer entre dans la lagune en saison sèche lorsque la marée est haute. Or, la force des vagues amène également une quantité de sable non négligeable qui vient se déposer au fil des ans au niveau du chenal. Ces deux phénomènes réunis accélèrent fortement le comblement (envasement et ensablement) du lac Ahémé.
Heureusement, des solutions existent et se mettent en place. D’un côté, les agents de la Direction des Pêches ont fait un travail remarquable avec le retrait des engins prohibés et la sensibilisation des pêcheurs sur l’utilisation des acadjavis sur le lac Ahémé. Ce travail devrait néanmoins être poursuivi sur le chenal afin d’en optimiser les résultats.
D’un autre côté, l’érosion des bassins versants peut être limitée par des actions de reboisement. A cet effet, le projet ADEFIH a réalisé en 2009 le reboisement de 80 hectares de bassins versants dans la commune de Kpomassé et continue cette année avec le reboisement de 20 hectares dans la commune de Comé. Par ailleurs, ADEFIH a également réalisé d’autres activités contribuant à la protection de l’environnement du lac Ahémé, notamment la restauration de mangrove et la construction d’un centre de fumage de produits halieutiques dont les fours sont très économes en bois.
D’autres programmes contribuent également par diverses activités à la préservation de cet écosystème fragile et à la réduction de la pauvreté. Et même si le chemin peut sembler encore long, son tracé paraît correctement se dessiner!
légendes des photos…
(plantation de mangrove – acadjavi - coupe de la mangrove
mangrove – ensablement - coupe de la mangrove
ADEFIH observant l’ensablement – impact de l’érosion (sédiments en suspension) – érosion










