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Mon ABC de la Bolivie I (A à M)

En surfant sur le blog des autres volontaires, j’ai été très inspirée par un article de André, qui nous proposait un abécédaire du Burundi. J’ai trouvé que c’était une façon ludique de faire connaître le pays dans lequel on vit et travaille. J’ai donc décidé de me prêter aussi à l’exercice afin de vous donner un petit aperçu de la Bolivie 

A – Lors du dernier recensement 2001, le taux d’analphabétisme était de 13.39% avec une disparité importante entre les hommes (6.94%) et les femmes (19.35%)1. Plaçant la Bolivia au 113e rang du classement mondial2, après le Panama (60e), le Gabon (103e) et les Philippines (105e). Néanmoins, l’analphabétisme est en nette diminution par rapport au recensement de 1992 qui était de 20% selon le recensement de cette année-là (11.8% pour les hommes et 27.7% pour les femmes). On peut espérer que le prochain recensement démontrera un recul encore plus important de l’analphabétisme. En effet, depuis mars 2006, le programme national « Yo sí puedo », a permis l’alphabétisation de 819.477 personnes dans 326 municipalités du pays. « Le projet a été mené à bien par des volontaires boliviens, vénézuéliens et cubains qui, par milliers, ont enseigné la lecture et l’écriture, essentiellement dans les zones rurales (…). Si la majeure partie des étudiants en Bolivie apprennent l’espagnol, 37.000 personnes ont appris à lire et écrire dans leurs langues indiennes, l’aymara et le quecha, grâce à ce programme. »3. En mai 2008, Evo Morales a proclamé 148 municipalités libres d’analphabétisme, dont la municipalité de El Alto, (bien que l’analphabétisme persiste dans les faits dans une certaine mesure). Il faudra attendre le prochain recensement pour évaluer complètement les progrès réalisés par la Bolivie.

 

B – Détrompez-vous afin d’éviter d’être par trop redondante, je ne glisserai pas sous cette entrée le substantif bloqueo (dont je fais déjà mention dans plusieurs de mes articles et qui sera de toute façon abordé dans le prochain post à la lettre « P »)… J’énoncerai en revanche un phénomène non moins agréable et fréquent ; j’ai nommé… les bactéries! Eh oui, ces charmants organismes sont légion dans les délicieuses salteñas et tucumanas ainsi que dans les jus rafraichissants proposés à tous les coins de rue. Que cela ne vous empêche toutefois pas d’en profiter, on ne meure pas d’une petite indisposition.

 

C – Inutile d’être un fervent socialiste pour être sensible à la force morale du Ché, ce médecin argentin révolutionnaire, exécuté le 9 octobre 1967 par l’armée bolivienne après près d’un an de guérilla contre le dictateur bolivien René Barrientos. (L’expérience de cette guerilla, Ernesto Guevara l’a consignée dans son Journal de Bolivie). Guevara était déjà une figure populaire et charismatique de son vivant, mais son odieuse exécution qui a eut une retentissement international a créé le mythe qui persiste encore aujourd’hui.

 

D – La Démocratie participative est une forme de partage et d’exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique. En Bolivie, il existe un système assez compliqué de plannification participative.  Ce système a été institué par la Loi de Participation Populaire qui reconnaît la personnalité juridique aux Organisations Territoriales de Base (OTBs) et les définit comme “(sujets de la Participation Populaire) exprimés par les communautés paysannes, peuples indigènes et comités de voisinage, organisées selon leurs us, coutumes ou dispositions statutaires”. Ces OTBs contrôlent le respect des intérêts de la population à travers le Comité de vigilance. Celui-ci est composé d’un représentant élu de chaque OTBs et est en chargé d’assurer la participation des OTBs, d’articuler les demandes de celles-ci avec la planification municipale et de contrôler que les fonds municipaux soient investis de façon équitable en respectant les règles de la planification participative. Il doit également se prononcer publiquement sur la formulation du Plan de Développement Municipal (PDM) et du POA, en réaliser le suivi et se prononcer sur l’exécution physique et budgétaire de ce dernier. Finalement, il doit s’assurer que le gouvernement municipal n’utilise pas plus de 25% des fonds de coparticipation tributaire en dépenses de fonctionnement.  Une analyse critique  de ce système nécessiterait un post à part entière (peut-être prochainement) pour être complet et ne pas alourdir démesurément cet article. Mais il faut souligner que ce partage de pouvoir est déjà fortement ancré dans la culture politique bolivienne (en tout cas à El Alto) et que les boliviens (en tout cas les alténiens) y sont très attachés. 

 

E – D’origine indienne, l’ancien leader syndical, Evo Morales, est élu président en décembre 2005. Ses politiques sont nettement anti-impérialistes.

 

F – La Fejuve, la Fédération des Juntes Vecinales (comités), est un mouvement social très important à El Alto. Aucune décision ne peut être prise sans son consentement et ses représentants n’hésitent pas à utiliser la pression – par des bloqueos notamment (je ne pensais pas y arriver si rapidement) – pour faire valoir leurs intérêts.

 

G – Gonzalo Sanchez de Lozada, également connu comme sous le surnom de Goni a présidé la Bolivie de 1993 à 1997 et de 2002 à 2003. Homme politique extrêmement néolibéral, il privatisa presque tout, en excluant les entrepreneurs boliviens qu’ils considérait comme corrompus. Son plan de privatisation n’a pas apporté les bénéfices espérés. Il fut férocement critiqué par les mouvements sociaux l’accusant de brader le pays. En 2003, la colère des paysans aboutit à 15 jours de guerre civile à l’issue desquels Goni s’enfuit aux Etats-Unis. Il est alors remplacé par son Vice-Président, Carlos Mesa, qui initie une série de réformes sur base d’un agenda imposé par les mouvements sociaux.

H – La Huari, à boire très fraiche, est, selon moi la meilleure bière bolivienne

I – L’Illampu est le 2e sommets de bolivie (6421m) après le volcan Sajama (6542m)

J – Au projet, nous recevons deux journaux :

  • El Atleño, le journal local de El Alto, instrument indispensable pour prendre le pouls politique de la citée

  • La Razón, excellent quotidien national

 

KK’oa, ou Ch’alla, acte de réciprocité à la Pachamama (Mère Nature). Voir l’article.

 

L – Le locoto est ce délicieux piment qui, marié à la quirquiña, une herbe aromatique, donne toute sa saveur au yajua… cette merveilleuse sauce tomatée et piquante qui accompagne (malgré l’avis du médecin) tous mes repas.

 

M – Le Más, Movimiento al Socialismo, est le parti d’Evo Morales

 

N à Z… au prochain épisode

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1http://www.ine.gov.bo/indice/visualizador.aspx?ah=PC3020101.HTM

2http://hdrstats.undp.org/en/indicators/99.html

3Faye (E.), “L’analphabétisme pratiquement éliminé en Bolivie, selon Morales”, Libération, 21/12/2008.

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1 Comment »

  1. Sarah

    Sarah said,

    April 21, 2010 - 3:02 pm

    Super ton article!

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