Le PDIT – Projet de lutte contre l’insécurité alimentaire par le Développement de l’Irrigation dans la région de Tillabéri. Avec un nom de telle envergure il faut s’attendre à des défis, des obstacles, des résultats, des compromis et des anecdotes d’ampleur équivalentes… ou bien ? Pour résumer, le projet a pour but d’aider les groupements de producteurs maraîchers les plus vulnérables d’un point de vue sécurité alimentaire, d’améliorer les capacités des services techniques de l’Etat pour assurer leurs fonctions régaliennes auprès des producteurs et de renforcer des Organisations Paysannes Faitières tout en les rapprochant des groupements maraîchers pour leur donner un poids décisionnel plus important.
Un contexte … en test …

On est ici
Le Niger, pays au milieu du Sahel – Sahara peuplé de 13.300.000 personnes qui se « partagent » 1.267.000 km², où le vent se mélange au sable, pour faire monter la poussière au dessus des têtes des bovins, asins, caprins et ovins qui sillonnent ce vaste territoire cachant dans son ventre des ressources à quelques mètres de profondeur.
La Région de Tillabéri, située à l’extrême ouest du Niger, fait frontière avec le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et le Nigéria. Elle compte 6 départements dont les 4 situés le long du fleuve font l’objet d’interventions par le projet (Téra, Tillabéri, Kollo et Say).
L’eau est rare, donc précieuse et chère. Quelques producteurs ont la bénédiction du fleuve qui est à portée de calebasse, mais d’autres sont forcés de creuser pour se rafraichir avec une eau trouble et saline. Le PDIT a le devoir de rendre possible une exhaure en quantité suffisante pour les cultures, de qualité satisfaisante pour éviter la détérioration des sols et tout cela de manière raisonnée dans un pays où il fait soif… surtout maintenant.
Atteindre une fertilité pédologique acceptable dans un bac à sable est un processus multidisciplinaire qui nécessite une gestion spatio-temporelle et qui ne se règle pas à coups d’engrais minéraux calculés à la grosse louche.
La technique culturale de l’oignon, tout comme celle de ses frères et sœurs légumes, n’est pas innée et ne se résume pas à une activité fainéante de semer et regarder pousser. La plante a ses besoins de confort à des moments précis et les produits phytosanitaires doivent être appliqués avec soin et précaution surtout quand la distinction entre l’eau d’irrigation et l’eau potable n’existe pas. Le PDIT laboure dans le sol de l’appui conseil technique et organisationnel des groupements et dans le renforcement des capacités des acteurs étatiques, qui pour rappel … sont pauvres …

à boire ou à irriguer?
L’accessibilité aux besoins quotidiens est une contrainte majeure dans ce petit bout d’Afrique de l’Ouest. Pour trouver un grain de riz ou un morceau de savon… ben… tu peux utiliser tes deux pattes, un vélo si tu as de la chance, un âne et une charrette si ton père a eu de la chance, un transport en commun si ton village est assez chanceux pour attirer une latérite poussiéreuse ou une pirogue si ton grand frère sait naviguer et que le fleuve est à côté. Donc pour acheter et acheminer un sac de semences, de ciment, d’engrais, et ensuite amener ta récolte à temps au marché le plus proche il faut être ; innovant, prévoyant, organisé… ou tomber sur un projet qui vient frapper à ta porte.
L’encadrement technique mitigé et ponctuel sombre dans une léthargie profonde. Les priorités, les motivations et les initiatives sont en aval et/ou en amont du manque de moyens et de ressources (je ne sais pas encore qui cause quoi).
La surcharge de travail, de tests, d’études, de suivis, de conventions, de contrôles, de contrôles de contrôles qui viennent de toutes les directions (surtout du nord, mais c’est normal dans un projet nord à sud) mettent l’équipe sous pression, et que ce passe t-il quand tu presses sur un oignon ? et sur ta belle sœur?
Le taux de décaissement semble l’indicateur qui montre que « ah… c’est un bon projet,» donc allons y… « dépensons !! » et vite car le projet ne dure que 4 ans. 4 ans pour un projet de développement de maraîchage dans un coin chaud et sec où le temps et la distance peuvent vite être dilatés par une bosse sur la route, un tuyau percé, une signature manquante ou une « faute » de frappe dans un dossier imbriqué dans un processus, des procédures de proportions gargantuesques…
Pour terminer par la récolte de l’oignon, il ne faut pas oublier l’environnement politique au Niger et à la CTB dans lequel les nigériennes et nigériens évoluent. Ni les uns ni les autres ne savent qui sera au pouvoir demain, pour combien de temps et ce qu’il fera…

Pour plus d’informations… à la lecture prochaine