New:

Traitement intégral des eaux résiduaires domestiques.

Dans le cadre du Programme Pro-SNTN au Pérou, nous tentons de remplacer les systèmes sanitaires actuels traditionnels devenus obsolètes (fosses septiques et fosses Imhoff) par une nouvelle technologie.

Système actuel : Fosses septiques et Imhoff

Ces systèmes ne représentent qu’une solution partielle à la contamination par les eaux usées. Seuls un pré-traitement (sédimentation de la partie solide) ainsi qu’une pré-digestion sont réalisés. L’effluent résultant est toujours fortement contaminé et nécessite un post traitement (désinfection).

Ces systèmes traditionnels exigent un entretien régulier et assez lourd. Il s’agit en effet d’évacuer et de gérer les boues. Ces systèmes rejettent également des gaz à effet de serre (méthane, dioxyde de carbone) qui pourraient être valorisés.

Système proposé : Biodigesteur.

Le fait d’installer une nouvelle technologie engendre une certaine méfiance de la part de la population locale habituée à construire et à utiliser les systèmes traditionnels.
Le Programme ayant peu de temps pour développer un projet pilote (période de 5 ans, pas de suivi possible du fonctionnement), l’idée est de profiter d’expériences concluantes dans des pays voisins afin de les appliquer ici au Pérou.

Avec l’aide d’un spécialiste nicaraguayen, un projet pilote de biodigesteur est en cours d’installation au niveau d’une communauté villageoise.
Des expériences similaires en Amérique Centrale et en particulier au Nicaragua, ont déjà faites leurs preuves. Le contexte de la région est similaire à celui du Pérou (température, relief, zone caféière…) ce qui permet l’implantation de cette technologie au Pérou.

Un facteur important de ce nouveau système, est sa reproductivité aisée. La construction est relativement simple, permettant la formation de personnel local (maçons, ouvriers,..). Les matériaux de constructions sont généralement disponibles localement (briques, barres d’acier, ciment).

L’opération est simplifiée notamment par une production plus faible de boue que celle produite par les fosses septiques. Ces boues sont également directement utilisables comme engrais (contrairement aux boues contaminées de fosses septiques / Imhoff).

Le système représente un intérêt direct pour la population par la possible récupération de biogaz comme source d’énergie alternative et est plus attractif par l’absence d’odeur, d’insectes et le faible encombrement au sol (infrastructure construite sous terre).

Construction et fonctionnement :

L’aspect constructif est similaire à celui du système de traitement des eaux résiduaires de café (voir article précédent : “Digesteur : épuration et biogaz”).
Il est néanmoins complété par un biofiltre car les eaux résiduaires domestiques nécessitent d’être désinfectées.
Dans le cas précis de la zone d’intervention (village « La Bermeja », 1000 habitants), le système comprend un décanteur, deux digesteurs de 75 m3, un biofiltre de 100 m3 et finalement une zone racinaire de 200 m2.

Schéma général du système de traitement des eaux résiduaires de la Bermeja

Le biodigesteur comprend une alimentation à flux ascendant. Il fonctionne sur le même principe (condition anaérobie) que les fosses septiques et Imhoff. La principale différence est que le digesteur est totalement hermétique et que sa forme ovale avec son dôme permet la production et récupération de biogaz.

Schéma de la section transversale du biodigesteur de 75 m3

L’effluent passe ensuite par le biofiltre. Celui-ci est une construction circulaire qui comprend 3 compartiments. Le premier reçoit l’effluent et alimente par le bas le second compartiment rempli de matériel filtrant (dans notre cas : pierres extraites de la rivière située à proximité)

Le troisième compartiment est alimenté par le haut et est également rempli de matériel filtrant.

Schéma de la section longitudinale comprenant les 3 compartiments

La sortie du biofiltre alimente finalement la zone d’infiltration via des tubes de PVC perforés.

Schéma de la section transversale comprenant les 3 compartiments

Schéma de la section transversale du compartiment 1 avec les tuyaux d’alimentation

Schéma de la section transversale du compartiment comprenant les pierres du filtre.

- démarcation des deux biodigesteurs et du biofiltre :

Démarcation d’un des deux biodigesteurs de 75 m3

- excavation du biofiltre et des deux biodigesteurs :

Excavation en cours des 2 biodigesteurs et du biofiltre


-     travail actuel : construction du biofiltre:

Construction du biofiltre avec les 3 compartiments

La fin des travaux et la mise en fonction est prévue pour fin avril 2010.

VN:F [1.9.3_1094]
I like this
10 people like this

4 Comments »

  1. veronique GERARD said,

    April 5, 2010 - 3:21 pm

    Super, bon travail Nico!

  2. Noémie Maughan said,

    May 3, 2010 - 11:42 am

    Après l’avoir étudié de nombreuses fois sur papier, je peux enfin me rendre compte de l’application terrain. Super intéressant!

  3. calvin difom said,

    July 31, 2010 - 10:15 pm

    salut Nico,
    je suis calvin D,d’origine camerounaise et expert en energies renouvelables…j’ai lu ton dossier ci-dessus et suis vraiment flaté par le travail ici realisé…même si quelque`part je propose qu’un aceent soit mis sur le système des fosses septique,moins onnereux …et accessibles à la population villageoise aux moyens limités…
    Jespère te lire pour un échange d’idées en la matière.
    Merci

  4. Nicolas Detiffe said,

    September 5, 2010 - 7:28 pm

    Salut Calvin,
    Content que t’apprécie le boulot. En réalité, ce n’est guère plus couteux qu’une fosse septique équivalente. Pour un même volume, le coût est moindre en matériel de construction, a une vie utile plus importante et est plus simple pour la maintenance (notamment des boues). Et le plus important, l’assainissement est plus efficace par les conditions anaérobies et le fait d’avoir une température annuelle moyenne de plus de 20 °C, est un grand avantage.
    En réalité, le biodigesteur n’est finalement qu’une fosse septique améliorée car totalement hermétique et sa forme ovale permet d’avoir une meilleure répartition du flux, une récupération du gaz et utiliser moins de matériel de construction (ciment, brique) par rapport à une construction rectangulaire sur la superficie du sol (et sous l’influence des conditions météo : pluie, soleil)
    Bien à toi

    Nicolas

RSS feed for comments on this post

Leave a Comment