|
|
Rencontre avec Doris Barboza Quispe, bénéficiaire du Programme CSE |
Doris Barboza Quispe est la sous-gérante du consortium « Flores del Ande », une entreprise travaillant dans le textile et composée de six associations d’artisans de la province de Huanta, dans le département d’Ayacucho au Pérou. Au total, cette entreprise représente environ 220 travailleurs.
Son interview par ici…
Pauline BTB: “Quelle est votre position et vos relations actuelles avec notre Programme CSE?”
Doris BQ: “Nous travaillons depuis environ 2 années en collaboration avec la CTB. Le programme CSE nous appuie assez bien au travers de formations liées à la chaine productive du textile. Il nous aide également à chercher un marché national et un marché international pour vendre nos produits.”
Pauline BTB: “Quels sont les résultats directs du Programme CSE?”
Doris BQ: “En tant que péruviens, nous remercions pleinement la CTB. Grâce à ce programme, à son appui quotidien, nous sommes en train de nous en sortir, surtout économiquement. Il faut savoir que notre terre natale de Huanta a été auparavant (ndlr : dans les années 80-90) effrayée par le terrorisme (ndlr : Sentier Lumineux).”
Pauline BTB: “Quel sera, selon vous, l’impact du travail du Programme CSE à moyen et/ou long terme?”
Doris BQ: “Beaucoup d’impact, en ce qui nous concerne. Le programme nous a soudain aidés à grandir, à ouvrir les yeux et à chercher de nouveaux marchés. De cette manière, nous pouvons, au moins, vendre nos produits. Auparavant, nous recevions déjà l’appui de la CTB (ndlr : via le Programme Intégral de Lutte contre la Violence Familiale et Sexuelle-PILVFS), mais de manière beaucoup plus ponctuelle car ce programme devait appuyer beaucoup d’associations en même temps. À présent, il apparaît que la CTB a augmenté son budget et nous a ainsi davantage appuyés dans notre travail.”
Pauline BTB: “En quoi le Programme CSE a-t-il contribué à la réalisation des ODM suivants : « éradiquer la pauvreté extrême et la faim » et « promouvoir l’égalité entre les genres et l’autonomie de la femme » ?”
Doris BQ: “Nous sommes très actifs dans le textile. Avant, nous étions une association. À présent, nous sommes une entreprise. Grâce à la CTB, nous sommes en train de nous développer.
D’une certaine manière, nous générons de l’emploi et nous améliorons l’économie de notre province. Nous sommes ainsi en train d’y réduire la pauvreté.
De plus, nous travaillons majoritairement avec des femmes, pour la question de la broderie du textile. Ce sont des femmes qui ne se sentent pas discriminées car, grâce à ce genre d’activité productive que nous sommes en train de développer, elles peuvent nourrir leur famille.
Nous avons débuté nos activités avec 120 femmes, et environ 20 hommes. Aujourd’hui, cela a augmenté, nous comptons environ 220 bénéficiaires directs de notre entreprise. Tous sont originaires du district de Luricocha ou de Huanta, dans la même province.
Concernant la question du genre, le Programme CSE commence petit à petit à nous appuyer en vue d’accomplir cet objectif d’égalité entre l’homme et la femme. Mathilde (ndlr : Assistante junior en genre du Programme CSE, voir aussi son blog) est venue nous visiter, et nous l’avons écoutée. Peu à peu, nous allons y travailler car nous considérons ce thème très important. Les femmes, comme les hommes, ont la capacité de pouvoir penser et voir clairement les choses. Nous avons les mêmes capacités, et devons construire cette égalité.”
Pauline BTB: “Qu’a changé le Programme CSE dans votre vie, dans la vie des personnes concernées de votre communauté ou de votre région? Qu’avez-vous appris du Programme CSE ?”
Doris BQ: “Nous améliorons l’économie. Même si cela se fait petit à petit, nous avançons. Ce que nous recherchons actuellement pour améliorer notre situation, c’est un marché afin de pouvoir exporter nos produits. Pour l’instant, nous vendons au travers d’intermédiaires, qui exportent ensuite eux-mêmes nos produits. Il faut aller de l’avant et c’est ce à quoi nous travaillons avec le Programme CSE. Il nous forme, car il y existe une multitude de conditions à remplir afin de pouvoir exporter.
Nous avons appris énormément des formations que nous avons reçues : dessin, broderie, gestion et renforcement de nos associations et de notre entreprise. Elles nous ont transformés. Grâce à celles-ci, nous connaissons à présent les tendances et les modes que recherchent ou suivent les autres pays afin de pouvoir leur offrir nos produits. Sans ces formations, nous ne le saurions pas. Cet apprentissage que nous recevons du programme nous aide beaucoup.”
Pauline BTB: “Que manque-t-il aujourd’hui, selon vous, pour que le Pérou atteigne ces ODM d’« éradiquer la pauvreté extrême et la faim » et de « promouvoir l’égalité entre les genres et l’autonomie de la femme » ?”
Doris BQ: “Avec l’appui d’autres « pays frères », comme la Belgique, tout est possible, selon moi. Dans le cas particulier de Huanta, il nous reste quelques pas à franchir : fabriquer des produits de qualité qui peuvent atteindre d’autres marchés, ainsi que la promotion de ces produits.
Au niveau national, et je m’adresse ici au gouvernement péruvien, il existe beaucoup de soutien mais le problème est que nous l’utilisons de manière inadéquate. Parfois, on donne, on donne, et rien de plus. Mais nous n’éduquons pas notre population afin qu’elle sache quoi faire de ce soutien, à quoi se consacrer ou encore dans quoi investir ces divers appuis. Notre devoir est de former nos enfants à tout cela et de leur faire comprendre toutes ces choses. Sinon, nous faisons preuve de mauvaise éducation de nos enfants, qui ne pourront alors pas éduquer à leur tour leurs propres enfants. Il faut commencer par là  : la sensibilisation et l’éducation de nos enfants.”



Julien Lesceux said,
February 18, 2010 - 9:42 am
Article super intéressant, très bonne idée le témoignage! On en veut d’autres!
Eveline said,
February 18, 2010 - 12:15 pm
Very nice, the business approach both of you describe that focusses on markets. The only way any support to associations or groups of procuders of any goods, could work (in my humble opinion
)
Good luck, bon travail!
Annie Jallay said,
February 20, 2010 - 12:31 am
Avec cet article, je me rends mieux compte du travail de la CTB sur le terrain.
Grâce à cette interview, on perçoit concrètement les progrés de cette entreprise qui permettent de pallier à la pauvreté des Péruviens et à augmenter l’autonomie des femmes.
Bonne continuation dans tes articles et bon travail.