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Le Plan Maroc Vert: la nouvelle stratégie agricole au Maroc

Le secteur agricole au Maroc

L’agriculture a été toujours un secteur stratégique pour le développement socio-économique du Maroc. Depuis, l’indépendance, le secteur agricole a connu de nombreux programmes de développement agricole et rural et de réformes structurelles pour permettre au pays d’assurer sa sécurité alimentaire et de contribuer dans sa croissance économique. Malgré ce soutien dont a bénéficié l’agriculture par le passé, elle reste un secteur sous-développé.

Aujourd’hui, le secteur agricole représente 15 à 20 % du PIB national marocain. L’agriculture est une source d’emploi majeure avec 3 à 4 millions de ruraux travaillant dans le secteur agricole et 60 à 100.000 emplois dans l’agroalimentaire. Ce domaine a une contribution décisive aux grands équilibres macroéconomiques et à la balance commerciale du pays. Aujourd’hui, la balance alimentaire est largement négative, en excluant la pêche. Sur le terrain, 70% des exploitants marocains ont une surface inférieure à 2,1 hectares. Cet important morcellement est le fruit des régimes du foncier et des successions. On relève aussi le risque d’accélération lié à une pyramide d’âges défavorable puisque la moyenne d’âge des agriculteurs est de 55 ans. Par ailleurs, le secteur souffre des sécheresses récurrentes. En effet, 5 bassins hydrauliques sur 8 sont en situation de déficit hydrique à court et moyen termes.

Dans un contexte mondial marqué par la sécurité alimentaire, le changement climatique, la hausse des prix des produits agricoles, la responsabilisation des producteurs, la lutte contre la pauvreté, le Maroc a été contraint de revoir sa stratégie agricole dans un sens de mise à niveau, de restructuration et de redéfinition des missions. C’est dans cette perspective que le nouveau Plan Maroc Vert a été élaboré et ce, pour rendre l’agriculture le principal moteur de croissance de l’économie nationale dans les 10 à 15 prochaines années.

Le Plan Maroc Vert: objectifs et stratégies d’intervention

C’est en avril 2008 que le Gouvernemant marocain a adopté la stratégie du « Plan Maroc Vert » afin de relancer l’économie du secteur agricole. Cette nouvelle politique a pour finalité la mise en valeur de l’ensemble du potentiel agricole du territoire afin de répondre à quatre objectifs principaux constituant à l’heure actuelle un enjeux important pour l’économie national. Ces objectifs sont:

  • l’amélioration des revenus des agriculteurs

  • la garantie de la sécurité alimentaire de 30 millions de marocains

  • la protection des ressources naturelles des différentes régions

  • l’intégration de l’agriculture marocaine au marché national et international

Sur le plan économique, cette politique a pour ambition de multiplier par 2,5 la valeur ajoutée du secteur agricole qui passera de 38 à 100 milliards de DH par an, et ce sur une période de 10 ans seulement.

Comment?

En favorisant d’une part les investissements dans le secteur agricoles de près de 150 milliards de DH d’ici 2020. (Parmi les potentiels investisseurs étrangers, on cite Global Environment Facility (GEF), le Fonds international pour le développement agricole (FMDA), l’Agence française pour le développement (AFD) et le Millenium Challenge Corporation (MCC)).

Et d’autre part, en augmentant d’une manière spectaculaire les niveaux de productions de certaines cultures dont notamment les olives (de 1 à 4,2 millions de tonnes), les agrumes (1,5 à 3,7 millions de tonnes) mais aussi le maraîchage et les fruits (4,4 à 10 millions de tonnes).

Pour la mise en place de cette stratégie, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime a mis l’accent sur le défi de l’exécution en réformant le Ministère de tutelle mais en créant également l’Agence de Développement Agricole (ADA), l’agence d’éxecution spécifique à la mise en oeuvre du PMV sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture.

Concrètement, le PMV s’articule autour de deux piliers:

Le premier pilier porte sur le développement d’une agriculture moderne et à haute valeur ajoutée/haute productivité répondant aux règles du marché en s’appuyant sur les investissements privés, à travers le financement de 1000 projets tant dans la production que dans les industries agro-alimentaires d’un coût total de 10 à 15 milliards de DH par an.

Le deuxième pilier concerne l’accompagnement solidaire de la petite agriculture, à travers l’amélioration des revenus des agriculteurs les plus précaires, notamment dans les zones enclavées. Dans ce cadre, il sera procédé au financement de 545 projets dit « sociaux » par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social.

Ces projet seront inscrits dans le cadre d’un plan régional basé sur 3 axes visant la reconversion ou diversification des agriculteurs précaires dans des activités à haute valeur ajoutée et moins sensibles aux précipitations.

Il s’agit aussi, d’encourager les projets de production intensive dans les domaines aussi bien de production animale que végétale, à travers l’encadrement des agriculteurs et leur qualification pour avoir un revenu supplémentaire.

Le second pilier a également pour but la reconversion de la céréaliculture en cultures à plus forte valeur ajoutée (ou moins sensibles aux précipitations) et la valorisation des produits du terroir.

Le plan touchera pas moins de 1,5 millions d’agriculteurs tant dans la grande que dans la petite agriculture.

Les Plans Agricoles Régionaux (PAR)

Une stratégie du PMV est la régionalisation de l’agriculture qui se décline en 16 Plans Agricoles Régionaux (PAR). Ces plans portent sur l’augmentation des niveaux de productions des différentes filières identifiées, l’amélioration de la qualité et des conditions de commercialisation de la production, l’amélioration des niveaux de valorisation de l’eau d’irrigation. Cependant, tout en s’inscrivant dans une vision de mise en valeur des potentialités de chaque région, ces PAR répondent également à des problèmatiques plus concrètes telles que l’emploi en milieu rural, la lutte contre la pauvreté et l’exode rural…

Les premiers résultats

En Avril 2009, un an après le lancement de cette nouvelle politique, les investissements réalisés dans le secteur agricole ont été estimés à 12 milliards de DH.

Sur le plan institutionnel, bon nombre de réalisations ont vu le jour. Outre la restructuration des services centraux du Ministère de l’Agriculture et des Chambres d’agriculture, des instances ont été créées afin d’accompagner le PMV telles que l’Agence de développement agricole (ADA) et l’Office national de la sécurité sanitaire des aliments.

La Coopération Belge et le Plan Maroc Vert

La Belgique joue depuis longtemps un rôle considérable dans le développement du secteur agricole dans le sud marocain. Actuellement, la CTB mène plusieurs projets agricoles (GEDINDRA, Développement intégré de Ouijjane, Tinghir,…) pincipalement dans les régions du Souss-Massa-Draâ et du Tafilalet. Les stratégies de développement mises en oeuvre par la CTB dans le cadre de ces projets s’inscrivent parfaitement dans la stratégie du Plan Maroc Vert et plus spécifiquement du Pilier II.

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9 Comments »

  1. el mansouri

    el mansouri said,

    May 2, 2010 - 5:28 pm

    salut je vx des information

  2. MOUAD

    MOUAD said,

    May 10, 2010 - 11:26 am

    slt je vx des informations conçernant le financemant et la subvention

  3. Said MELLOUK

    Said MELLOUK said,

    May 12, 2010 - 3:13 pm

    je vous félicite pour le choix de cet orientation gouvernemental vers le développement de ce secteur représentant la majorité des marocains
    Maerci

  4. nasif

    nasif said,

    May 24, 2010 - 3:00 pm

    je vx me lancer dans ce secteur, il y a 120hect de terre agr, 10% exploitée, je vx des specialistes

  5. Jacques TURCHET

    Jacques TURCHET said,

    May 27, 2010 - 10:54 am

    Bonjour,

    Très bonne initiative pour le Maroc que je connais bien et où je vais régulièrement pour des missions d’information et de formation des jeunes ruraux désirant rester à l’agriculture. Il faut encourager le développement de cette agriculture familiale au Maroc et la développer scientifiquement mais pas chimiquement comme nous avons fait partout dans les pays industrialisés, cette agriculture industrielle ne mène à rien à long terme, on le voit bien maintenant dans tous les pays qui l’on utilisé c’est une catastrophe écologique trés grave. Il faut encourager une agriculture dite biologique sans produits chimique, c’est possible et ça marche. Vous avez au Maroc un gros potentiel de production légumière et fruitière mais il y a un problème majeur c’est l’eau, il est impératif de faire des puits mais faire des puits ne veut pas dire gaspillage de l’eau comme l’agriculture industrielle, c’est encore une chose dramatique avec les cultures intensives de maïs que nous connaissons. Votre agriculture n’est pas encore trop touchée par la pollution agrochimique vous avez encore la chance de vous en préserver alors ne gâchez pas tout en voulant nous imiter. L’agriculture est un métier noble et respectable ne le pourissons pas comme nous l’avons fait nous en Europe.

    Je voudrais aussi vous parler d’une branche de l’agriculture qui pourrait vous apporter un plus et non des moindres pour vos exploitations c’est l’apiculture. Vous avez un énorme potentiel de production de miel qui n’est pas exploité souvent par ignorance et un manque d’organisation, c’est dommage car le Maroc manque de miel et en importe de mauvaise qualité comme je peux le constater chaque fois. La aussi je voudrais dire et redire une fois de plus à ceux qui pratiquent déjà au Maroc, travaillez avec vos abeilles locales qui sont trés bonnes, élevez vos reines à partir de vos abeilles et n’importez pas d’abeilles de l’extérieur qui ne vous apporteront que des problèmes de maladies et de parasitoses. L’apiculture en Europe est complètement démolie avec ces pratiques et nous avons même poussé jusqu’à l’insémination artificielle des reines d’abeille, belle réussite encore une fois, les reines vivent moins longtemps et sont diminuées sur le plan immunitaire.
    Faite une apiculture naturelle et vous aurez des résultats, ne vous cantonnez pas uniquement dans la production de miel, élargissez vos activitées à la production de pollen, de gelée royale et de propolis, ceci vous apportera des revenus qui vous permettront de vivre dignement sur vos terres chez vous.

    J.TURCHET Ing. Agro

  6. Najia EL MASBAHI

    Najia EL MASBAHI said,

    June 27, 2010 - 12:07 pm

    Bonjour,
    Je salue vivement Monsieur Jacques TURCHET qui nous a apporté des conseils et recommandations consistants. Je voudrais aussi ajouter qu’avec une bonne utilisation de nos ressources naturelles nous pourrons faire une agriculture productive et concurrente.
    Najia EL MASBAHI Ing. Agro

  7. ibtissam

    ibtissam said,

    July 4, 2010 - 6:01 pm

    bonjour inchallah cettes annee je vais avoir mon diplome de technicien et je veux savoir des info sur ce projet merci

  8. Jacques TURCHET

    Jacques TURCHET said,

    July 23, 2010 - 1:44 pm

    Najaia, bonjour

    Je suis heureux de voir que j’ai pu vous rendre service et je transmets à nouveaux tous mes encouragement pour tous vos projets en cours et futurs, vous vivez dans un Pays où l’agriculture à un bel avenir si elle respecte la nature car nous aurons besoin d’aliments biologiques et naturels, la chimie a eu ses heures de gloire mais ses effets néfastes à la santé commencent sérieusement à se manifester sur une grande échelle. Je vais aller au Maroc prochainement à 15km de Fès dans un douar pour finir l’installation d’un rucher que j’ai commencé en 2009. et où je voudrais lancer l’élevage des reines, la récolte du pollen et de la gelée royale.
    Si vous avez besoin de conseils où de réponses à certaines questions que vous avez contactez moi, je vous répondrai. Si vous me dites dans qu’elle région vous êtes, je pourrais, si vous le désirez, peut être vous faire une visite sur place. Bon courage et bonne réussite.
    Jacques TURCHET

  9. kouassi

    kouassi said,

    August 12, 2010 - 6:38 pm

    j’ai pu constater que le maroc à un deficit en miel naturel,or il se trouve qu’en afrique de l’ouest,plus précisement en cote d’ivoire ,il y a une surproduction chaque année.il serait preferable que nos dirigeants facilitent la circulation des marchandies surtout des produits agricoles entre pays africains pour essayer de resoudre un temps soit peu la trop grande dependance de pays nord.
    en tout ,je suis disposé à aider quiconque veux s’intrèssé à ce domaine

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