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Cours accéléré sur assainissement |
Après dix jours au Sénégal, une chose est sûre, jamais dans ma vie je n’ai parlé autant d’excréments… Depuis que je suis arrivée à Saint-Louis, mon coach – un ingénieur civil anglais qui est engagé dans le projet depuis un an – m’a donné un cours accéléré à propos de l’assainissement.
Pour que je puisse motiver les habitants du quartier de Darou à se brancher sur les infrastructures d’assainissement que nous installerons bientôt, il faut que je comprenne l’aspect technique du projet. Ci-dessous j’écris quelques mots – comme une ‘bleue’ bien entendu – sur le contexte de mon travail en tant que ‘assistante junior’.
Deux systèmes d’assainissement urbain – en théorie
Environ 26 % des Saint-Louisiens sont branchés à un réseau appellé ‘off-site sanitation’, c’est-à-dire le réseau classique d’égouts dans lequel les eaux usées sont collectées dans un station de traitement. Ceux qui ne sont pas branchés utilisent le système de ‘on-site sanitation’ ou assainissement autonome. Cela implique qu’ils ont une fosse septique, qui doit être vidée après un certain temps. A Saint-Louis, ceux qui vident les fosses, doivent disposer les eaux usées dans la station de traitement. Cet endroit (voir photo 1), le lagunage, contient trois étangs où les eaux usées subissent trois procédés naturels spécifiques.
Réalité sur le terrain
Tout d’abord, plusieurs parties de la ville de Saint-Louis sont construites dans les marécages. Puisque le système des fosses septiques n’est donc pas le plus approprié pour cette zone que les fosses n’y fonctionnent pas. Ensuite le prix du vidage d’une fosse septique peut monter jusqu’à 25 000 CFA (à peu près 38 euros). Cela coûte cher pour les gens, car il faut le faire régulièrement. De plus, au niveau de la santé, il y a des conséquences graves. Beaucoup de chauffeurs de véhicules qui vident les fosses septiques essaient de faire un maximum de bénéfices en conduisant les eaux usées jusqu’au bout de la rue pour les déverser dans le fleuve (voir photo 2) au lieu de les transporter vers la station de traitement, qui se situe sept kilomètres plus loin. De cette façon, ils peuvent vider plus de fosses par jour et donc gagner plus d’argent.
PAUDA – SL en bref
‘Projet d’Assainissement Urbain du Quartier de Darou Saint-Louis’; un projet avec un double objectif. L’ accent est placé sur le quartier de Darou, où on veut convaincre un maximum de gens de se brancher sur les infrastructures d’assainissement futures. Pour des raisons déjà mentionnées, l’assainissement autonome (avec des fosses septiques) n’est pas la meilleure solution pour ce quartier (voir photo 3). Pour cette raison le coût d’un branchement est considérablement moins élevé que les frais fréquents pour le vidage de la fosse septique.
Indirectement le projet tient également compte des 26 % de Saint-Louisiens qui sont déjà branchés sur un système d’égouts mais qui ont des problèmes à cause de son mauvais état. C’est pourquoi PAUDA-SL vise aussi à une réhabilitation durable de la station de pompage principale, qui tombe régulièrement en panne. Le transport des eaux usées vers le lagunage dépend du fonctionnement de cette station là.
Le deux octobre, quand j’étais sur le lieu où le conduit était cassé, j’ai compris l’urgence de notre projet. Qu’est-ce qui se passe quand la station de pompage principale, qui pompe les eaux usées vers le lagunage, tombe en panne? La rue où la fuite s’est produite, a été rapidement inondée par les eaux usées (voir photos 4,5 et 6).
Seule solution: faire tourner les eaux usées vers le canal qui transporte les eaux pluviales jusqu’au fleuve (entre-temps les conduits ne transportent pas d’eaux pluviales). L’eau contaminée est source de toutes sortes de maladies graves et les premières victimes sont les nombreux enfants qui se baignent dans le fleuve (voir photo 7).
Pourquoi donc autant de bavardage sur les excréments pendant mes premiers dix jours au Sénégal? Un sujet technique comme l’assainissement semble être étroitement lié aux coutumes culturelles et aux facteurs climatologiques et géographiques. Indirectement, mon cours accéléré sur l’assainissement est aussi mon premier pas dans la société saint-louisienne.
La xième fuite du conduit est une grande nouvelle dans la ville puisqu’elle concerne pratiquement tout le monde. C’est peut-être encore une chance! Les plaintes à propos des infrastructures font monter la pression sur tous acteurs pour implémenter le projet dans les plus brefs délais et c’est le moment où j’interviens, moi, qui dois passer le message aux hommes et aux femmes du quartier de Darou.
A suivre …
[voir post précédent pour la version néerlandaise: http://blogcooperation.be/2009/10/14/spoedcursus-sanering/]










Denis IRAMBONA said,
July 27, 2010 - 6:05 pm
C’est dommage sur ces photos.
Je ne sais pas qui peut calculer les dégats
Denis du Burundi