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« Quiero carne sana » : La consommation de viande en Équateur |
En Équateur, les habitudes en terme de consommation de viande sont bien loin de nos critères européens. Le projet PROCANOR a travaillé durant 5 ans à faire évoluer les comportements pour offrir une « viande saine » aux consommateurs et ce tout en favorisant l’amélioration des conditions de vie des petits et moyens producteurs. En travaillant de la production à la commercialisation, l’objectif était de changer les modes de fonctionnement pour arriver à un produit de qualité pour la consommation humain. Mais un changement de pratiques des agriculteurs et des bouchers est inutile si le consommateur n’évolue pas.
Bien souvent si vous vous promenez sur les marchés équatoriens vous rencontrerez les étales des bouchers « traditionnels » qui vous donneront très vite des hauts le cœur et vous couperont toute envie d’un bon steak. Le plus souvent et ce surtout dans le secteur rural, l’animal est abattu à même le sol avant d’être exposé à la vente sur une table ou dans une brouette. Nombreux sont dans ce cadre ceux qui considèrent que la viande fraîche est la viande encore chaude passant directement de l’animal au consommateur. La viande qui se trouve dans une vitrine réfrigérante est dans ce contexte « une vieille viande ».
Pour améliorer la situation , PROCANOR a appuyé de nombreuse boucherie rural en les ai
dant à construire leur propre petit abattoir, en leur enseignant les rudiments d’un produit de qualité : découpe, réfrigération, manipulation des produits, … visant à garantir la qualité et la salubrité.
Cependant, ces nouveaux bouchers formés par le projet et conscient de l’importance des règles sanitaires se sont parfois trouvé face à un dilemme : d’un côté, la volonté d’offrir un meilleur service à sa communauté et de l’autre côté l’ignorance de ses clients sur le sujet rendant la vente difficile. En plus d’être commerçant, ces bouchers d’un nouveau genre se sont transformés en éducateurs expliquant à leur client les biens fait de ce nouveau mode de fonctionnement. Petit à petit le changement de mentalité se fait mais il faudra encore du temps pour qu’il soit complètement assimilé et accepté. Si on regarde en Europe, il a fallu plus d’un siècle pour arriver aux conditions d’hygiène actuelle alors comment demander qu’un tel changement se réalise en 4 ans en Equateur.
Avec le temps, on s’est rendu compte que les explications du seul boucher ne suffisaient pas. En effet comme on l’entend souvent en Equateur « personne n’est prophète en ses terres. ». Pour combler ce problème, on a donc réalisé un manuel de sensibilisation à destination des enfants de 10 à 12 ans. Faute de pouvoir convaincre entièrement les adultes, il nous paraissait plus judicieux de miser sur l’avenir en éduquant les futures générations. De plus, il est bien connu que l’esprit d’un enfant est plus ouvert au changement que celui d’un adulte forgé par ses habitudes.
Suite à tous ce travail un réel changement commence à se faire sentir. Cependant le trajet est encore long; J’espère que si je reviens dans 5 ans j’aurais l’occasion de voir que les choses ont continué à évoluer positivement.
Si vous voulez plus d’information sur ce projet, je vous invite à vous rendre sur le site de PROCANOR www.procanor.com


Raphaël said,
October 1, 2009 - 8:00 am
C’est tellement bon de la bonne viande brune assaisonée de mouches et de poussière. Ne tuons pas la biodiversité des parasites intestinaux et des bactéries. Rien de tel qu’une bonne salmonelose, des amibe ou une gardiase pour tester l’efficacité du système médical (expérience perso).
Trêve de plaisanterie, la photo que tu nous présente est encore très soft par rapport à ce que j’ai rencontré sur les marchés de la côte (bcp plus chaud). Et le chemin reste très long vers une viande de qualité, le respect de la chaine du froid (frigo inexistants). Même les abattoires municipaux ne sont ni entretenus, ni réfrigérés (à 30-40°C de température ambiante).
D’où l’implacable nécessité de cuire exagérément la viande pour limiter les troubles digestifs quand on n’a pas la chance d’être à Ibarra