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Le Burundi de A à Z

Considérations subjectives d’un néophyte

 AMAHORO: Littéralement la paix en kirundi, langue parlée par l’entièreté des Burundais. Amohoro est le mot utilisé pour se saluer.

 BROCHETTE DE CHEVRE: La viande est un peu dure et caoutchouteuse mais le goût est délicieux! Les Burundais en raffolent et en mangent avec de bananes grillées en accompagnement. C’est le solution idéale si vous voulez manger quelque chose sur le pouce. (Moi je suis déjà fan!)

 CRISE: C’est par ce terme que les Burundais désignent la guerre civile qui déchira leur pays de 1993 à 2005. Elle fit environ 300.000 morts et 800.000 déplacés. Les conséquences de cette crise sont très graves: beaucoup d’infrastructures ont été détruites, l’État s’est considérablement affaibli ~ car incapable d’assurer le strict minimum de ses fonctions régaliennes ~ et beaucoup de savoir-faire s’est perdu. Les intellectuels et les expatriés s’étant établi dans le pays l’ont quitté dès le début de la crise.

Le Burundi est la preuve vivante que les effets terriblement dévastateurs d’un conflit armé ne cessent pas au moment de la signature d’un cesser-le-feu. Je pense qu’il faut bien deux générations pour surmonter les conséquences de la guerre. C’est aujourd’hui que je perçois l’impérieuse nécessité de consacrer des budgets très importants à l’aide au développement des pays se trouvant dans une situation de post-conflit. Leur situation est incomparable avec celles de pays pauvres n’ayant pas vécu la guerre.

 DUBAI & DAR EL SALAAM: Tout ce qui est importé au Burundi transite par ces deux ports ~ plus trois jours de camion pour parcourir les 1000 km qui séparent l’océan Indien de Bujumbura ~.

Malheureusement, le Burundi fabrique très peu de produits manufacturés et tous les produits de consommation doivent être importés. Énormément de produits chinois et arabes sont vendus ici. Les produits ‘européens’ sont (presque) introuvables: bien que de meilleure qualité, ils sont invendables car leur prix est inaccessible pour l’immense majorité des Burundais.

Tant que le Burundi ne développera pas une industrie nationale digne de ce nom, sa balance des paiements restera fortement négative et le pays devra rester sous ‘perfusion’ internationale pour équilibrer son budget. Le chemin reste long à parcourir…

 ELECTIONS: En juin 2010 auront lieu les élections. Tous les niveaux de pouvoir sont concernés et pour la première fois, le Président de la République sera élu au suffrage universel. Le dernier mouvement rebelle ayant déposé les armes en mai dernier, la situation politique du pays reste fragile. Néanmoins, l’espoir est grand parmi la population de voir la transition post-conflit se poursuivre dans le calme.

 FEMMES: Comme partout ailleurs dans le monde, la condition des femmes burundaises est moins envieuse que celles des hommes. Ce sont souvent elles qui travaillent ~ durement ~ dans les champs alors que sur le bord de la route il n’est pas rare de voir des hommes sirotant une bière à toute heure de la journée. Bien entendu ce n’est pas une généralité, mais la tendance existe bel et bien.

Par ailleurs, beaucoup de femmes ont subi des violences sexuelles pendant la crise. Les traumatismes sont encore présents chez nombre d’entre elles.

 GRENADE: Dans une situation post-conflit, il reste beaucoup d’armes en circulation. Notamment des grenades qui sont employées de temps à autres pour ‘régler’ les litiges ~ souvent intra-familiaux ~ d’ordre foncier. Cette violence extrême témoigne de l’acuité du problème: avec +/- 300 habitants au km2 et une croissance démographique relativement importante, la propriété des terres cultivables reste un des points les plus sensibles pour l’ensemble des Burundais.

 HECTARE: 0,4: c’est la taille moyenne des terres agricoles que possède une famille burundaise. C’est largement insuffisant. Bien que 90 % de sa population vive de l’agriculture, le Burundi reste un importateur net de céréales. Plusieurs dizaines de milliers de tonnes sont distribuées par les organismes internationaux, principalement dans les camps des réfugiés qui n’ont toujours pas regagné leur colline d’origine depuis la fin de la crise.

 ISLAM: Plus de 10 % de la population burundaise est musulmane et est concentrée principalement dans les villes. L’islam, le catholicisme et le protestantisme (adventistes, baptistes, etc) cohabitent sans aucun soucis. En 2008, pour la première fois, la fête de l’Aïd a été déclaré jour férié national.

La religion des taxi-men et autres chauffeurs de bus est facilement identifiable: ils sont plusieurs à avoir des inscriptions telles que ‘Jéhovah est mon sauveur’ ou ‘Allah waqbar’ sur leur pare-brise!

 JUS DE FRUIT: Les trois récoltes par an du Burundi témoignent de son emplacement idéal sur le globe terrestre. Des dizaines de fruits ~ connus et inconnus ~ sont disponibles tout au long de l’année et permettent de déguster des salades de fruits et des jus frais d’une saveur inégalable et indescriptible! Je me régale…

 KIRUNDO: C’est l’une des ‘grandes’ villes de province du Burundi. J’y travaille la moitié du temps. Avec ses 10.000 habitants, ses rues en latérite et ses toits en tuiles rouge, elle a un cachet particulier difficile à décrire.

La moitié de Kirundo est sans électricité et sans eau courante. Pourtant, un barrage a été construit il y a plusieurs années et les deux turbines qui y sont installées devraient amplement suffire pour approvisionner la ville en énergie. Le hic c’est que cela fait plusieurs mois qu’une des deux turbines est en panne… Ceux qui ont de l’argent se sont acheté un petit groupe électrogène, les autres cuisinent au feu de bois, s’illuminent à la bougie et vont chercher l’eau je ne sais où…

 LAC: ‘LE’ lac Tanganyika: 650 km de long et jusqu’à 1500 mètres de profondeur. Il constitue la deuxième réserve d’eau douce (liquide) du globe après le lac Baïkal. Outre ses données géométriques impressionnantes, il est d’une beauté remarquable et constitue également une réserve halieutique inestimable. On prétend d’ailleurs que c’est le lac le plus poissonneux du monde! Ce qui est certain, c’est qu’une brochette de tilapia ne laisse personne indifférent! :-)

 MALARIA: Elle est omniprésente au Burundi. Quand on sait le nombre de victimes qu’elle tue chaque année de par le monde, cela scandalise de savoir qu’aucun vaccin efficace n’a encore été développé!

 NIL: Le débat sur la source de ce fleuve majestueux ne sera sans doute jamais clos. D’aucuns considèrent le lac Victoria comme étant sa source, d’autres remontent en amont de ce dernier jusqu’au montagnes rwandaises; là ou la distance à parcourir en suivant le courant du fleuve jusqu’au delta de la Méditerranée est la plus grande. Les Burundais quant à eux sont très fiers de posséder la source du Nil la plus méridionale. C’est un haut lieu du patrimoine touristique que vous ne manquerez pas de découvrir si l’envie vous vient de passer me faire un petit coucou!

 ONG: Après plus de 10 ans de conflit, ONG et organismes internationaux sont revenus en masse au Burundi. Si vous vous déplacez dans Bujumbura vous serez étonnés par le nombre invraisemblable de voitures arborant les logos des grosses (et moins grosses) ONG actives dans l’aide au développement. La palme est détenue par l’ONU qui emploie plusieurs milliers de personnes dans le pays.

 PRIMUS: C’est le nom d’une des bières brassées au Burundi. C’est la fierté nationale! La brasserie est la seule grande usine de transformation de matière première du pays ~ mis à part les quelques usines de thé et café ~. Si les Burundais ont gardé un quelconque ‘héritage’ des colonisateurs allemands et belges, c’est bien le fait d’apprécier la bière! Beaucoup en consomment d’ailleurs un peu trop…

 QUOTIDIEN: A Bujumbura il n’est pas facile de se procurer le journal du jour. A Kirundo, il faut expressément passer un abonnement et se faire expédier le journal par la poste car vous ne trouverez aucun journal en vente dans les quelques petits commerces de la ville. Peu de gens parlent le français et peu de gens savent lire, cela réduit le public potentiel de la presse écrite! Les informations sont transmises à la population principalement via la radio et principalement en kirundi! (Ce qui frustre mes envies de suivre la politique locale).

 RELIEF: J’avais toujours eu en tête que le Rwanda était ‘LE’ pays des mille collines. Le Burundi se revendique comme tel également. Et ce n’est pas faux! Hormis la légère bande ‘côtière’ plane le long du lac Tanganyika, le Burundi n’est qu’une succession de collines. Le paysage change à chaque tournant et frappe le visiteur par la douceur de ses contours et la chaleur de ses couleurs.

 SALAIRE: Comme dans bien d’autres pays du tiers monde, le niveau des salaires est incomparable avec celui que nous connaissons en Europe. A titre d’exemple, un ouvrier qualifié de la construction gagne un peu plus d’un euro par jour. Un fonctionnaire universitaire de l’État (agronome, ingénieur ou autre) gagne moins que le minimum nécessaire pour survivre… Il est donc logique qu’ils aient tous une activité complémentaire…

 TAXI: Comme partout dans le tiers monde, les courses en taxi sont bon marché et bien pratiques pour se déplacer au sein des agglomérations. Ce que je n’avais par contre encore jamais vu ce sont les ‘taxis-vélo’. Leurs propriétaires aménagent le porte-bagages pour le rendre plus confortable et transportent ainsi leurs passagers à prix réduit.

 URBAIN: Le Burundi est un des pays du monde avec le taux de population urbaine le plus faible. Environ 10 % des Burundais résident dans une des villes du pays qui, par la force des choses, ne sont pas très grandes. C’est ainsi par exemple que vous ne trouverez pas un seul feu rouge à Bujumbura ni dans le reste du pays! Étonnant, non?

 VELO: C’est ‘LE’ moyen de locomotion de prédilection des Burundais. C’est un peu paradoxal vu le relief du pays! Contrairement à ce que l’on voit en Amérique latine, les paysans burundais ne possèdent pas d’animaux pour transporter leur production agricole. Les hommes empilent les régimes de banane, les poules, les Å“ufs, les céréales sur leur porte-bagages et dévalent à vive allure les routes menant à Bujumbura. Les freins sont soumis à rude épreuve et il n’est pas rare de voir des accidents… Pour remonter dans leur colline, les cyclistes s’accrochent aux camions qui se dirigent vers l’intérieur du pays et se laissent tracter paisiblement en faisant la causette avec le voisin.

 W: X: Y: Z: Je cale pour les 4 dernières lettres de l’alphabet! Les 22 premières vous ont cependant déjà permis de découvrir un tant soit peu ce merveilleux pays qu’est le Burundi!

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Le Burundi de A à Z, 3.0 out of 5 based on 2 ratings

6 Comments »

  1. Daphnée said,

    August 5, 2009 - 8:42 am

    Original et extrêmement agréable à lire! Intéressant et fluide!!! Un abécédaire du Burundi… A lire préalablement à toute visite…

  2. Marie Bijnens said,

    August 7, 2009 - 10:49 am

    W pour Waragi?

  3. Helena said,

    August 18, 2009 - 3:21 pm

    Merci Andre, tu nous donne un tres beau apercu!

  4. Marie Bourlet said,

    March 9, 2010 - 11:35 pm

    Chouette article… j’espère que tu ne m’en voudras si je te pique l’idée. Mais je pense que tu n’aurais rien contre un abécédaire de la Bolivie.

  5. André said,

    March 11, 2010 - 9:45 am

    Pas de problème Marie, l’idée “originale” n’est d’ailleurs pas de moi…

  6. Rodrigue M said,

    May 3, 2010 - 2:46 pm

    Très joli article André! Breve description du Burundi mais toute aussi interressante!

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