Bonjour, je me présente dans mon individualité « projet ». Après trois mois de travail, il est temps de parler de ce que je fais, ce qui se fait, ce que la CTB fait par ici !
Je suis donc l’ATJ, l’Assistant Technique Junior, le Volontaire nouvelle dénomination. La coopération est un monde comme tant d’autre où on possède son propre jargon. Et au vu des noms à rallonges croisés tous les jours, la connaissance des codes, des lettres, de cette averse d’abréviations est une question de survie, au risque sinon de ne jamais vraiment comprendre qui fait quoi.
Â
Reprenons, je suis l’ATJ au PAPDC, au Programme d’Appui à la mise en œuvre des PDC (Plans de Développements Communaux). Ce programme s’ancre pleinement dans la dynamique de la décentralisation. L’objectif principal est le renforcement des structures, des compétences et des moyens financiers des communes, afin de leur permettre de mieux gérer leurs ressources, de mieux s’organiser, de prendre à bras le corps ces nouvelles compétences qui leur ont été déléguées. La finalité est de leur permettre de fournir aux citoyens des services de qualité, au sein d’infrastructures suffisantes et adéquates ! Et de s’inscrire ainsi dans les OMD (objectifs du millénaire) de réduction de la pauvreté.
Les communes sont en chemin, il reste de nombreuses voies à explorer… Et en partenariat avec elles, on y travaille !
Â
Enfin, je suis l’ATJ au PAPDC A/D, c-à -d que je travaille dans les départements de l’Atacora et de la Donga, au nord du Bénin. Notre territoire d’intervention est vaste, quelques centaines de milliers de km². Mais l’A/D n’est qu’une branche du programme. En effet, celui-ci se déploie de manière triple. Â
Tout d’abord, il ya la coordination nationale à Cotonou, proche du ministère de la décentralisation (MDGLAAT). Elle permet au programme de s’inscrire directement au niveau central, au niveau étatique, au niveau de l’union nationale des communes (ANCB), et supervise nos deux coordinations régionales.
L’une dans le Mono et le Couffo (où évolue mon homologue ATJ, Thibault Mélard).
Et la nôtre, ici, dans l’Atacora et la Donga.
Ce corps à trois têtes nous permet de participer à la fois au décisionnel du point de vue macro et de travailler en même temps directement sur le terrain, avec les communes. Ainsi, nous nous renvoyons régulièrement de nombreux feed back entre ces deux réalités différentes afin de les harmoniser au mieux.Â
Â
Mais Cotonou est loin (550 km – 12 heures de bus – 6h30 en véhicule du projet si tout va bien), la connexion internet est aléatoire, et le réseau téléphonique aussi. Sans compter les nombreuses coupures de courant (mais que se passe-t-il à la SBEE ?). Pour l’heure, j’écris d’ailleurs dans le noir, à la lueur de mon écran…
Mais on y travaille, la communication s’affine, l’internet est arrivé à la Préfecture, petit à petit… on avance !
Â
Alors à Nati, notre base, nous sommes 11
-        1 coordinateur régional
-Â Â Â Â Â Â Â Â 4 AT (assistants techniques) dont moi
-Â Â Â Â Â Â Â Â 1 RAF (responsable administratif et financier)
-        1 secrétaire de direction
-        2 chauffeurs (si quelqu’un veut nous offrir quelques véhicules supplémentaires, je suis preneur !)
-        1 homme à tout faire
-Â Â Â Â Â Â Â Â 1 gardien
Une équipe de choc qui travaille en collaboration avec l’association des communes (ACAD), la Préfecture, les autres bailleurs de fonds (GTZ, Protos, DED, Fonds de Survie, Iles de Paix, Louvain Développement, KfW, SNV, … et j’en oublie probablement encore). Me prononcer sur la problématique de l’harmonisation des bailleurs me prendrait l’entièreté de mon temps de travail ! En tout cas, nous tentons d’être leader sur le sujet.
Â
Enfin, le programme PAPDC se décline en trois actions, trois fonds distincts : FDC – FRC – FIP. Les tâches sont donc diverses et variées.
Ensemble, nous suivons les réalisations faites par les communes sur base de notre fond d’investissement : FDC (fond de développement communal).
Nous effectuons actuellement un diagnostique institutionnel, afin de mettre en place notre FRC (fond de renforcement des capacités).
Un troisième fond : FIP (fond d’initiative projet) est directement géré par notre coordination nationale, à Cotonou.
Â
La particularité et le caractère pionnier de notre programme est le rôle donné aux communes. C’est-à -dire que pour une fois, nous ne nous inscrivons pas dans une dynamique projet, où nous décidons pour la commune ou pour les bénéficiaires de la branche ou de la filière à développer, mais au contraire nous intervenons directement sur le budget communal, et c’est la commune – maître d’ouvrage – qui décide unilatéralement de ce que sont ses propres priorités !
Â
Un défi grandeur nature, lorsqu’on se rend compte des conditions de travail des administrations ! Locaux trop étroits, ou dans un état – disons – vétustes pour ne pas froisser. Un personnel en sous nombre, trop peu de cadres, de gens qualifiés, des chefs services sans collaborateur, des statuts de contractuels, sans assurance, certains – les travailleurs dits « occasionnels » – ne sont même pas déclarés…Â
J’ai travaillé un an et demi à la Ville de Bruxelles avant de venir travailler avec les communes du Bénin ; les conditions, les défis, les acquis, les points de départ sont incomparables ! D’une certaine manière, je comprends mieux l’origine et l’importance de toutes nos démarches administratives…
Â
Evidemment, ces deux mondes sont différents, du Nord au Sud, il faut venir le vivre, l’expérimenter, pour se faire sa propre opinion ! Et agir en conscience.
Â
Gardons les yeux grands ouverts, tendons l’oreille, choisissons nos actions.
Â
L’ATJ PAPDC A/D
Â
Â