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La durabilité des projets de développement : grand casse tête dans le secteur de la coopération |
Je me fais des soucis. Des grands soucis. Mon projet se termine. Et à mon humble avis trop tôt. Beaucoup trop tôt. C’est la première fois que je pars sur le terrain et que je ferme un projet donc peut être là la raison de ma frustration, de mon émotion,… mais je crois quand même que j’ai des raisons pour m’inquiéter. A mes lecteurs de juger. Je vous explique.
Le ‘Programme d’Appui aux Initiatives de Développement communautaires’ (ou PAIDECO) est un programme très innovateur. Normalement dans les projets de développement, surtout dans le bilatérale directe, il est décidé à haut niveau sur les réalisations sur le terrain. Suivant la philosophie que pour un développement réussi, les populations locales doivent se responsabiliser de et s’approprier leur propre développement, le PAIDECO travaille à l’inverse : c’est la population qui initie des projets et qui décide via des représentants quelles initiatives répondent aux besoins et priorités en développement et doivent dont être financées et exécutés par la CTB/PAIDECO.
Un système qui nous a permis d’impliquer fortement la population dans nos réalisations et d’être actifs dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’eau, de l’agriculture, de la voirie, etc. Quelques exemples : nous avons réhabilité des écoles qui étaient dans un très mauvais état ; nous avons construit des maternités là où avant les mamans devaient faire des kilomètres avant d’arriver à un centre de santé ; nous avons équipé des centres de professionnalisation et alphabétisation pour les femmes là où il n’y avait pas du matériel ; nous avons installé des pompes d’eau potable là où il n’y avait pas d’eau ; nous avons réhabilité des routes et construit des ponts là où le passage était impossible, etc. Chaque infrastructure est géré par un comité de gestion composé de personnes de la base. J’insiste sur le verbe ‘gérer’.
L’objectif spécifique du PAIDECO c’est d’améliorer les circonstances de vie de la population via la bonne gouvernance. Entendez : la bonne gestion. La bonne gestion n’est pas un talent inné. C’est une habitude, une méthodologie, une capacité qui est maîtrisée via la formation et l’expérience. Comme la gestion des infrastructures de développement est en mains des bénéficiaires, il fallait renforcer leurs capacités dans cette matière car le développement ne vient pas via les infrastructures elles-mêmes, mais via ce qu’on fait avec. C’est pourquoi, tous les acteurs impliqués dans le travail de PAIDECO (par exemple, les agents communaux, les membres des CLD et de la CCD, des ONG, les chefs de chantiers, les opérateurs économiques, etc.) ont reçu plusieurs formations en thématiques liées aux projets (par exemple, la gestion des chantiers, la gestion administrative, la gestion des infrastructures de développement, le droit pénal, la gestion des conflits, etc.). Suite à ces formations mes collègues sont partis sur le terrain pour suivre si les théories apprises lors des formations étaient bien appliquées sur le terrain. Donc un travail fort pour assurer que les gens gèrent bien les infrastructures et donc arrivent à servir la communauté de façon durable.
Voilà une longue explication du contexte pour me faire comprendre. Pourquoi est-ce qu’on se pose des questions sur l’aspect de durabilité ?
- Parce que nos bénéficiaires auraient pu utiliser encore plus d’accompagnement pour cet aspect de gestion. Il y a de très bons exemples des associations qui gèrent bien leurs affaires, comme il y a des autres qui ne maîtrisent pas du tout. Il leur faut du temps. Prenons l’exemple des conflits. Malgré la formation en gestion des conflits, la gestion de quelques infrastructures est en péril à cause des conflits entre les membres des comités de gestion. Les gens comptent encore trop sur le PAIDECO pour agir comme médiateur en cas de conflits.
- Parce que la population commence à bien connaître le système PAIDECO, ils ont plein d’idées, mais nous n’avons plus de temps ou de budget. Il s’ajoute que la ville de Lubumbashi n’est plus prioritaire pour les agences humanitaires ou de développement donc qui va devenir le prochain partenaire la commune Annexe ?
- Parce qu’en seulement 2,5 ans ce n’était pas possible d’améliorer les circonstances de vie de la population de la commune Annexe et de faire maîtriser la bonne gouvernance (certainement dans un pays comme le Congo). Cette période n’est suffisante que pour préparer le terrain et les gens. Les vrais changements prennent beaucoup plus du temps.
- Parce que nous étions là pour appuyer le processus de décentralisation au Congo et cette décentralisation n’est même pas encore en place !
Attention, je ne dis pas qu’on doit rester ici à temps indéfini. A la fin, nous travaillons dur pour qu’ à un certain moment nous ne soyons plus nécessaires. Je suis ici en tant que junior et donc pour apprendre. Delà que beaucoup de questions tournent dans ma tête. Pourquoi le projet à Lubumbashi ferme malgré le fait que dans notre DTF (Dossier technique et financier qui est la bible de chaque projet) il était marqué que nous devrions rester au moins 10 ans pour avoir des résultats durables ? Pourquoi le projet à Lubumbashi ferme malgré le fait que la population (même le gouverneur a écrit une lettre !) s’est mobilisée et a signé une pétition pour la prolongation de PAIDECO Lubumbashi ? Pourquoi le projet à Lubumbashi ferme malgré le fait que les besoins dans la commune Annexe sont énormes ? ‘C’est une décision politique’ on me répond. Est-ce une réponse satisfaisante ? En tout cas , pas pour les habitants de la commune Annexe…



Paluku Kazimoto said,
June 3, 2009 - 5:11 pm
Dear Sir/Madame
I’m happy to say thank you for the information. I want to do a research on how programs/pojects management sustainability is possible for DRC community.
Thank you for your help ( financialy and events that you know about DRC)
Paluku
Paluku Kazimoto said,
June 3, 2009 - 5:11 pm
Dear Sir/Madame
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Paluku