Pour certains, le travail effectué par les coopérants peut paraître parfois flou, notamment pour ceux qui travaillent dans des secteurs aussi mystérieux que celui de la « bonne gouvernance », de « la décentralisation », de « la consolidation de la société »,…
Mais voila un exemple qui pourra peut-être en rassurer certains et ôter le doute sur la pertinence et l’efficacité du travail des coopérants en général et du mien en particulier. En effet, lorsque l’on m’a envoyé ma fiche de poste, une des priorités était de suivre et de gérer un projet particulier : celui de la construction de 4 ponts dans la Région de Koulikoro. Pour la petite histoire, ce projet est financé par Chypre via une procédure de coopération déléguée, c’est-à-dire que les fonds (400.000 €) sont confiés à la CTB pour que celle-ci puisse exécuter ce projet de réalisation d’ouvrage de franchissement. Voila pour les repères.
Après 8 mois de procédures administratives et juridiques, ce projet vient enfin d’arriver au niveau de l’Assemblée Régionale de Koulikoro (ARK) qui, en partenariat avec la CTB, a été désignée pour assurer la maîtrise d’ouvrage du projet.
Et c’est là qu’intervient le principe de la décentralisation puisque la responsabilité de la bonne gestion incombe à une collectivité territoriale dans le respect ses compétences.
Mais quel est l’objectif de ce projet ? Ces ponts (photo en exemple avant grosses pluies) vont être construits en milieu rural où traversent certains cours d’eau qui, en période de pluies, empêchent l’accès aux populations de plusieurs structures à caractères socio-économiques. L’objectif est donc de désenclaver ces villages afin de leur garantir un accès et une liaison à ces structures et ce, toute l’année. Afin de mieux illustrer ces propos voici quelques situations auxquelles doivent faire face ces populations lorsque les marigots sont remplis :
- L’isolement du village
- L’inaccessibilité aux infrastructures sociales de base (écoles, centres de santé, etc,…)
- L’inaccessibilité des champs de productions agricoles
- L’impossibilité pour la population de se rendre sur les marchés ou les foires afin d’écouler leur production agricole
- L’impraticabilité des axes de transport (conséquence : problème en approvisionnement de denrées alimentaires) Etc…
Alors non, je ne suis pas ingénieur, ce n’est pas moi qui vais établir les calculs de faisabilité, ni dimensionner les bassins versants, encore moins analyser la topographie des sites, ceci sera réalisé par des bureaux d’études locaux. Mais avant tout cela, reste à élaborer le dossier technique et financier du projet… et pour cela, un ingénieur de la CTB, Robert de son poétique prénom, venu exclusivement de Bruxelles pour l’occasion, se fera le plaisir de l’élaborer. C’est là que j’entre en scène. J’ai été commissionné par Paul, le représentant résident CTB au Mali, pour gérer et organiser sa mission d’un point de vue logistique, administratif et financier. Première chose, instruire Robert sur les éléments politiques nécessaires à la bonne compréhension et à la bonne conduite de sa mission. Ensuite, lorsque nos missions de terrain, nos réunions politiques avec les différents acteurs impliqués, l’élaboration du Dossier technique et financier sont réalisés, je vais m’atteler à lancer des appels d’offre pour la mise en œuvre de ces ouvrages. Pour les questions juridiques, Léa, ma chère collègue volontaire, se fera un plaisir de s’en charger.
Début des travaux… octobre/novembre… Inch’allah !!!
Fin des travaux : je vais éviter de me prononcer !
Voila un projet concret qui permettra peut-être à certains d’entre vous de mieux percevoir ce que peut faire un jeune volontaire sans être technicien. Car au-delà de la technique, il y a l’administratif…