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Quid de la violence Genre à Ouarzazate

Dossier : Quid de la Violence Genre à Ouarzazate.

Bien que la problématique concernant la violence à l’égard des femmes a été mise de côté car considérée comme relevant de la sphère privée des individus, les politiques internationales et nationales n’ont pu nier longtemps que la violence à l’égard des femmes constitue un réel problème de société qui touche toutes les sphères de vie des êtres humains, la santé corporelle, psychologique, culturelle et mentale. Elle a un coût économique lourd aussi bien pour les femmes que pour le pays. Ce constat fait ressortir une situation en totale contradiction avec le projet démocratique basé sur la liberté et l’égalité auquel fait appel Sa Majesté le Roi Mohamed VI.

C’est sans nul doute pour ces raisons qu’aujourd’hui, la violence à l’égard des femmes est une problématique qui fait couler beaucoup d’encre. En raison de leur « jeune âge », les démarches de lutte contre la violence à l’égard des femmes doivent encore être travaillées et ajustées.
Les chiffres internationaux nous montrent que la grande majorité des violences que subissent les femmes ont lieu au sein même du foyer familial. En effet, une femme sur six subit des violences physiques de la part de son mari, ou de son ex mari, et plus de 60% des meurtres des femmes sont dues à la violence familiale. La violence sexuelle est une réalité que nous ne pouvons nier. Les chiffres nous montrent qu’une femme sur quatre subit des violences sexuelles avant l’âge de 16 ans et qu’une femme sur trois est victime d’actes sexuels non désirés (UNIFEM).

En ce qui concerne les statistiques des violences commises à l’égard des femmes au Maroc, elles nous montrent que les tendances internationales se retrouvent au niveau de notre Royaume. En effet, selon le rapport du réseau des centres d’écoute ANARUZ, pour l’année 2007, la violence conjugale représente près de 70% des plaintes enregistrées. Les principales formes de violence conjugale sont la privation des dépenses familiales (58.4% des cas) et la violence corporelle (30.4% des cas).

Lorsque nous regardons les chiffres ci-dessus, nous constatons une réelle concentration des cas de violence à l’égard des femmes au niveau de la sphère privée, ce qui rend le travail des acteurs sociaux extrêmement délicat et d’une complexité telle qu’il n’est pas rare des voir des nombreux cas « disparaître » en cours de traitement.

Il nous est très difficile de rendre compte de l’état des lieux concernant la violence à l’égard des femmes dans la province de Ouarzazate. Il n’existe pas de statistiques officielles segmentées par région, ni par province. Néanmoins, nous avons à notre disposition le recensement des cas traités par les centres d’écoute de la région.

Ainsi, nous pouvons constater que, pour l’année 2007, le centre d’écoute géré par la Ligue démocratique des droits des femmes a enregistré 243 cas de violence. 41,7% de ces cas concernent des violences psychiques (abondon du domicile conjugal, privation de tout type de revenu,…) et 13,2% des violences physiques. Ceci nous laisse penser que les femmes éprouvent encore des difficultés à se rendre dans les centres d’écoute pour des violences physiques souvent jugées justes et naturelles par l’entourage.

De plus, prés de 60% des cas recensés concerne des femmes au foyer.

Nous observons un lien très étroit entre la violence subit par les femmes et leurs niveau d’activité à l’extérieur du foyer familial, ce qui a un impact direct sur le taux d’auto-rélisation en tant que femme-individu autonome à part entière et non en tant que femme-épouse-mère-individu sous tutelle masculine.

 

Suite à ces différents constats, une nouvelle volonté politique voit le jour, avec l’apparition de différentes conventions internationales et nationales criminalisant tout acte de violence.

En 1993, l’Organisation des nations unies élabore la convention sur l’Elimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) que le Maroc ne tarde pas à ratifier.

En 2004, le Maroc, par le biais du Ministère du développement social, de la famille et de la solidarité, met en place la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes. Un plan opérationnel de cette stratégie est orienté, coordonné et évalué par l’Observatoire national de lutte contre la violence à l’égard des femmes. En parallèle, des avancées juridiques ont été mises en place; le nouveau code de la famille basé sur les principes de l’égalité et de la responsabilité commune du couple, le code de la nationalité qui permet aux femmes marocaines de donner leur nationalité à leurs enfants de père non marocain et la loi de finance qui tient compte de l’intégration du genre et du degré de bénéfice des femmes et des hommes des services sociaux offerts par l’Etat.

Afin de mettre en application toutes ces réformes législatives et sociales, un numéro vert national a été créé (08008888) au profit des victimes, ainsi que des cellules d’accueil des femmes victimes et des centres d’écoute et d’orientation juridique. De plus, de nombreuses associations et ONG se mettent en place en tant que relais sociaux. Elles font un travail sur le terrain mais aussi de plaidoyer.

Enfin, d’autres initiatives sont prises par l’Etat marocain. L’institutionnalisation d’une campagne nationale annuelle de lutte contre la violence à l’égard des femmes répond à un double objectif : d’une part, la sensibilisation de la population à ses droits, à ses responsabilités et à ses devoirs, et d’autre part, le lancement de nouvelles initiatives pour avancer et adopter les solutions adéquates contre ce fléau.

L’Espace multifonctionnel des femmes s’engage dans la lutte contre ce fléau à travers sa participation aux campagnes nationales qui ont lieu chaque année depuis 2004 et à travers ses activités qui lui sont propres. Parmi celles-ci, nous pouvons citer les caravanes de sensibilisation, l’intégration des jeunes à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, des journées d’études, l’appui aux centres d’écoute, l’appui à la cellule d’écoute créée par le parquet de Ouarzazate,….

Nous nous trouvons face à un contexte en mouvement, à des volontés politiques, à du travail social, à des plaidoyers, à la création d’outils de travail. De plus, des ressources, du temps et des forces de travail sont déployés afin de lutter contre tout type de violence à l’égard des femmes. Néanmoins, du travail reste encore à faire. Nous devons continuer à militer à travers des plaidoyers afin d’acquérir des nouvelles avancées et nous devons encore être porteurs et porteuses des différents acquis sociaux pour qu’ils ne restent pas dans l’ombre ou confinés à la seule sphère politique.

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3 Comments »

  1. omar Abdellaoui said,

    January 7, 2009 - 4:01 pm

    Je porte à votre connaissance que l’association Oxygène pour femme est une association pour les droits humains et particulier de la femme. C’est une association installée à Ouarzazate et elle a un centre de lutte contre la violence reconnu officiellement par les autorité depuis le 11 mars 2006, nous avons travaillé sur la violence depuis 2000.

  2. omar Abdellaoui said,

    January 7, 2009 - 4:01 pm

    Je porte à votre connaissance que l’association Oxygène pour femme est une association pour les droits humains et particulier de la femme. C’est une association installée à Ouarzazate et elle a un centre de lutte contre la violence reconnu officiellement par les autorité depuis le 11 mars 2006, nous avons travaillé sur la violence depuis 2000.

  3. sergio said,

    January 7, 2012 - 3:16 am

    hola compañera, espero que recibas este mensaje,
    he llegado ya a argentina.. llegue a buenos aires, pero me parecio una ciudad hermosa, mucho pero es muy caotica, me gustaria entrar en contacto contigo, aaa y ahora estoy en cordoba, es muy lindo tambien.. y enserio recibas mi mensaje..
    un abrazo y un beso..
    sergio sanches
    BDM

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