New:

Une toute autre histoire de bébé

Jeudi soir, une amie a donné naissance à une petite fille, par césarienne, à l’hôpital régional de Kaolack. La maman et le bébé se portent bien, malgré une convalescence un peu douloureuse. C’est pour moi l’occasion de revenir sur le thème de la santé maternelle et infantile – qui comme je l’ai déjà dit reste un réel problème au Sénégal – mais aussi d’évoquer de petites anecdotes concrètes sur le vécu des femmes. Trop de mères perdent leur enfant, et parfois la vie, au cours et au terme de leur grossesse. Dans notre zone d’intervention, les régions de Kaolack et Fatick, un certain nombre d’accouchements se font encore à domicile – surtout dans les zones rurales – tandis que les structures sanitaires de premier contact, les postes de santé, ne jouissent ni de l’équipement ni des compétences humaines nécessaires pour faire face à des complications sérieuses. Certains centres de santé , sorte de “petits hôpitaux décentralisés”- dont ceux avec lesquels le projet ASSRMKF travaille – sont pourvus de l’infrastructure et de médecins permettant de mener à bien des césariennes. Mais encore faut-il surmonter les problèmes liés à l’accessibilité géographique de ces centres de santé vers lesquels les parturientes ne peuvent pas toujours être référées à temps.

Marie avait déjà perdu deux enfants, le premier à 3 mois et le second à 7 mois de grossesse. Inutile de dire à quel point ce bébé était attendu, même si Marie a entre-temps quand même pu être “maman” grâce à sa soeur qui lui a “donné” une fille. Surprenante forme de générosité qui interpelle nos canons européens. Elle s’est fait suivre dans une structure privée, notamment par affinité pour le médecin qui y travaille. Finalement, le jour de l’accouchement elle a dû être transférée à l’hôpital public pour subir une césarienne. L’opération s’est très bien déroulée et il ne lui reste que quelques jours à passer là-bas.

Avant ma visite, j’appréhendais les chambres communes, mal et peu équipées, et peut-être pas très propres… Finalement, je me suis effectivement retrouvée dans une infrastructure assez rudimentaire mais la présence d’un grand nombre de visiteurs – voisines, cousines, amies,…- la rapidement rendue chaleureuse et conviviale. C’est l’occasion de partager les dernières nouvelles, de blaguer sur l’état de l’une ou l’autre qui se révèlent enceintes. Il faut dire qu’au Sénégal, il est de mauvaise augure de dévoiler une grossesse, cela doit se faire le plus tard possible pour protéger le bébé. Ainsi, une amie de Marie a été surnommée “ce n’est pas sûr” parce que pendant toute sa grossesse, quand on lui disait qu’elle avait l’air enceinte, elle répondait “ce n’est pas sûr”. Et il est curieux de remarquer aussi que les femmes cachent cet état comme s’il était honteux, sous des vêtements particulièrement amples par exemple. Alors qu’en Belgique, on porte des bandeaux de couleur ou des t-shirt moulants sur son ventre à peine arrondi.

Ce petit texte était juste l’occasion de raconter une belle histoire qui finit bien, comme il en arrive souvent finalement, et de souhaiter plein de bonheur à la nouvelle maman et son p’tit bout.

VN:F [1.9.3_1094]
I like this
0 people like this

Leave a Comment