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Ayacucho, Pérou: fin de la première phase du Programme de Centres de Services non Financiers pour Entreprises

Situé dans la Sierra centrale du Pérou, la zone méridionale des Andes, à une altitude de plus de 2700 mètres, le Département d’Ayacucho héberge une population de 528 000 habitants.
La capitale départementale – Huamanga – se trouve à 543 kilomètres de Lima, 7 heures au travers de la “ Vía Libertadores” qui la relie à la Panamerica Sud. Ayacucho, une des régions la plus pauvre du Pérou. Une région qui, de plus, à énormément souffert de la violence du terrorisme durant la guerre civile des années 80 – 90 entre l’Etat et le mouvement du Sentier Lumineux.

Mais Ayacucho, c’est aussi une des villes les plus belles et agréables du Pérou. Un centre de culture vivante qui, en plus de la beauté de ses paysages, des circuits de grande attraction et de sa richesse historique, compte une tradition de culture populaire et religieuse très riche exprimée par ses nombreuses festivités, artisanat, musique, danses, gastronomie et architecture.

Le Projet de la Coopération Technique belge (CTB) à Ayacucho

S’il existe un niveau élevé d’extrême pauvreté à Ayacucho, bons nombres d’alternatives de développement économique ont également été identifiées dans cette région. Il y a donc une nécessité pressante d’accroître les revenus économiques et les opportunités d’emploi des micro-entreprises et petits producteurs, élargissant leur accès au marché. Durant les années 90, les rentrées financières réelles des péruviens ont diminuées de manière significative. La récession économique prolongée au Pérou, jointe à la croissante concurrence due aux importations issues de la libération des marchés a donné comme résultat une réduction de la production et par conséquent une diminution de possibilités d’emploi. La Coopération belge au développement et le Gouvernement péruvien, ensemble, ont donc décidé de mettre en oeuvre le Programme de Centres de Services Non Financiers pour les petits entrepreneurs.

Le Programme de Centres de Services Non Financiers pour les petits Entrepreneurs à Ayacucho

Ce Programme a commencé ses activités en 2003, avec comme objectif principal l’augmentation de l’emploi et des revenus des petits producteurs ruraux et des micros entreprises urbaines au niveau régional. La stratégie utilisée a été de consolider les chaînes productives. Favoriser la constitution d’associations de producteurs ruraux et de micro-entrepreneurs urbains dynamiques grâce à l’encouragement de filières de productions présentant un potentiel compétitif et au renforcement des capacités entrepreneuriales.
Les activités se concentrent dans l’offre de services non financiers aux producteurs ruraux et aux petites entreprises urbaines, pour qu’elles développent leurs capacités commerciales, améliorent leur articulation avec le marché et génèrent des relations commerciales équitables et pérennes avec les autres acteurs des chaînes productives auxquelles elles appartiennent. C’est ainsi qu’une douzaine de filières de production furent sélectionnées sur base de critères objectifs et maniables.
Le Programme a établi des contacts avec des entreprises ou clients qui, sur le marché national ou international, sont demandeurs de ces produits. A partir de la connaissance des exigences de ce marché, les goulots d’étranglements sont identifiés à différents niveaux de la filière (matière première, transformation, emballage, commercialisation,…). Afin de résoudre les goulots d’étranglement des filières de production sélectionnées, des fournisseurs de services spécialisés (si possible de la région) sont engagés pour assister et conseiller les agriculteurs, les artisans, les transformateurs, les grossistes, les exportateurs dans les tâches où ils peuvent progresser et s’améliorer.
Le réseau de ces producteurs, moyens et petits, et des ces experts et techniciens, des secteurs public et privé, tend à constituer un ensemble de compétences locales permanentes capables de dynamiser les filières de production sélectionnées ou d’autres à promouvoir. Ce réseau contribuera à développer, à Ayacucho, une vision stratégique concertée sur le développement régional.

Après une période de quatre ans d’exécution, le Programme d’ Ayacucho a travaillé avec près de 800 producteurs et chefs d’entreprise, atteignant ainsi un chiffre d’affaires net de 3.329.128 $ et générant plus de 830.000 journées du travail!

Le potentiel d’Ayacucho

Les secteur de l’artisanat, du tourisme et de l’agroindustrie sont très importants dans cette région, et pas seulement pour son potentiel économique, mais bien comme reflet de la richesse culturelle et historique de la zone, s’instaurant comme un axe de revalorisation de la culture et identité régionale. De cette manière, il est tenu compte des nécessités économiques et considérations sociales importantes et particulières de la région.

Le Tourisme:

Le département compte énormément de ressources touristiques dues à son patrimoine historique et la beauté de son paysage: les ruines de Wari (culture connue pour sa planification urbaine et ses techniques d’ingénierie préhispanique), le village et la Pampa de Quinua avec sa tradition dans l’artisanat céramique, Huanta, Vilcashuamán (ville Inca construite par Pachacútec), la réserve naturelle de Pampa Galeras et le bois de Puyas de Raimondi. Parmi les ressources touristiques d’Ayacucho, les “Casonas” – maisons anciennes de type colonial – de grande valeur architecturale et
ses 33 églises qui constituent un précieux témoignage de l’art et de l’architecture colonial. Dans celles-ci se conservent de nombreuses oeuvres de peintres et artisans (dorures, bijoux,…).

Tout cela constitue un patrimoine capable d’attirer un nombre croissant de visiteurs. Cependant, il n’est pas suffisant de compter sur des ressources touristiques pour qu’elles puissent être appréciées et demandées. En effet, un travail préalable est nécessaire comme la mise en valeur, la conservation et la protection des biens touristiques. C’est seulement une fois atteintes ces conditions que le potentiel touristique peut se convertir en attractions touristiques rentables, un des objectifs de la CTB.

L’artisanat:

Comme manifestation culturelle, l’artisanat est l’expression de la créativité et l’identité de la région. L’artisanat d’Ayacucho est avant tout connu pour son travail en céramique et en textile
(les représentations des églises et les fameux “retablos”, les tapis, les objets en pierre de Huamanga, l’orfèvrerie et le travail en cire et laiton, etc). La capitale, Huamanga, a d’ailleurs reçu le titre de “Capitale de l’artisanat péruvien”.

La production de céramique se concentre principalement à Quinua – village d’artisans – et beaucoup d’entre eux sont reconnus comme “maîtres artisans”, vendant des pièces uniques. Cependant, on retrouve principalement des produits décoratifs, à bas prix et au travers d’une commercialisation informelle. Le problème principal reste le manque de connaissance des tendances du marché.

Les artisans, principalement les jeunes, sont ouverts à l’innovation dans le but que l’artisanat devienne une activité économique rentable leur permettant notamment de rester dans leurs communautés d’origines, où souvent ils combinent activité artisanale et agricole. Cependant, leurs manques de connaissances des tendances du marché national et international, font que leurs produits ne soient pas standardisés et de qualité hétérogène, limitant ainsi leur accès aux marchés. Ils leur manquent également de technologie (four à basse température,…) qui leur permettraient de produire ces produits utilitaires et avec plus de potentiel, et également de pouvoir compter sur des relations stables et de confiances avec des partenaires commerciaux.

L’Agriculture:

Plus de 50 % de la population d’Ayacucho se dédie à l’agriculture et 70 % d’entre eux se trouve en situations de pauvreté ou extrême pauvreté. Les divers étages écologiques d’Ayacucho permettent de nombreux avantages pour la culture de fruits comme la grenade, l’avocat ou la figue de barbarie d’une grande qualité à plusieurs niveaux (arômes, saveurs, couleurs…). Un climat exceptionnel, l’accès à l’eau (41 % de la superficie cultivable se trouve iriguée) et enfin la récente route asfaltée qui communique avec la côte. De plus dans cette région, l’incidence des maladies est moindre, réduisant les coûts de production. Mais pourtant actuellement la culture fruitière n’est pas une activité intensive et ne permet donc pas d’atteindre les volumes de production requis par le consommateur.

A l’heure actuelle, les produits représentants le meilleur potentiel sont l’artisanat et l’avocat et les produits à base de plantes médicinales (crèmes, savons, sirops et thés), produits issus de l’agriculture organique. Ceux-ci viennent d’ailleurs d’obtenir les certifications leur permettant d’exporter vers l’étranger (Biolatina et Eurepgap). Les perspectives d’Ayacucho sont donc multiples…

La deuxième phase du projet a été lancée dans le courant du mois de mars. Dénommée Centres de services non Financiers pour Entreprises dans le couloir économique Ayacucho – Huancavelica – Apurimac, cette seconde phase verra donc le programme s’étendre également sur deux nouvelles régions.

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